Santé : Didier Bourgeois, la vie en rose ?

La 23ème édition de l’Octobre Rose lancée par Le Cancer du Sein, Parlons-en ! touche à sa fin mais la sensibilisation du cancer du sein reste un combat de tous les jours. Et pour le docteur Didier Bourgeois c’est bien plus que cela. C’est une lutte sans relâche contre la maladie.

Grand chirurgien, sénologue, et cancérologue, Didier Bourgeois est aussi un homme engagé dans des actions caritatives et souhaite aider le plus de femmes possibles à travers le monde. Il a fait du rose sa marque de fabrique en défendant ses patientes tout comme son mode de vie. Il promeut continuellement une sorte de Pink Way of Life qui correspond à son combat contre le cancer du sein et à la couleur d’une partie de sa garde-robe!

Jollies Magazine vous dit tout !

* Un petit lexique des mots scientifiques est à découvrir en fin d’article.
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Le Docteur Bourgeois @Youtube

Chirurgien, spécialiste, et réputé 

Sûr de lui quant à ses choix professionnels, Didier Bourgeois s’est très vite tourné vers l’oncologie (l’étude des cancers) dans son cursus universitaire et a construit son internat afin d’en faire sa spécialité. C’est suite à sa rencontre à l’Hôpital Boucicaut de Paris avec le Professeur Jacques REYNIER, un des chirurgiens précurseurs dans la spécialisation en chirurgie mammaire, qu’il s’est définitivement décidé à se spécialiser en sénologie.

Après avoir achevé son internat à L’institut Curie dans le service du Docteur Durand, une référence dans la prise en charge chirurgicale du cancer du sein, il a été nommé chef de clinique assistant des Hôpitaux de Paris à la Pitié Salpétrière puis chirurgien assistant à l’Institut Curie. Jeune chirurgien spécialisé en sénologie, le Docteur Bourgeois s’investit beaucoup. Il entre dans la cour des grands en Décembre 1998 lorsqu’il s’installe à la clinique Hartmann, internationalement reconnue pour sa prise en charge des cancers. C’est alors qu’avec douze autres médecins il fonde l’Institut du Sein Henri Hartmann.

« Nous avions décidé de ne plus travailler les uns à coté des autres mais les uns avec les autres »

Un souhait commun : améliorer la prise en charge des patientes et fédérer une action collective et multidisciplinaire autour du cancer du sein. C’est pour cela qu’il travaille avec une équipe constituée d’oncologues, de radiothérapeutes, d’anatomopathologistes, de radiologues, de médecins nucléaires et de chirurgiens, tous spécialisés en cancérologie mammaire.

Depuis sa création l’Institut du Sein Henri Hartmann gagne en notoriété et s’engage totalement dans la lutte des maladies mammaires. C’est une des raisons pour lesquelles la vie du Docteur Bourgeois file à 100 à l’heure. Sans oublier que la période de l’Octobre Rose rajoute à son travail de médecin de nombreux événements médiatiques. Les journées portes ouvertes avec la marraine de la campagne, Claire Chazal, et les interviews dans les journaux, à la télévision ne sont qu’une infime partie de ses activités durant cette période.

Un engagement illimité 

Le Docteur Didier Bourgeois est entièrement dévoué à ses patientes. Il est à l’écoute de la moindre inquiétude et est toujours disponible pour elles. Son implication auprès d’elles commence dès la consultation avec une écoute attentive et se poursuit tout au long des examens ou traitements, que cela se passe en bloc opératoire ou dans les suites opératoires.

Il reste joignable, de même que son assistante, par téléphone portable via les SMS même s’il utilise surtout le mail pour communiquer avec ses patientes à tout moment. En effet, une oreille attentive et une présence constante ne peuvent que rassurer les patientes de l’Institut.

« Le métier de chirurgien ne s’arrête pas parce que l’on franchit la porte de sa maison »

Ses journées commencent tôt et le plus souvent par des blocs opératoires toute la matinée et se poursuivent l’après-midi sur des consultations qui peuvent parfois se terminer très tard. Il est impossible de déterminer à l’avance le temps passé en bloc opératoire et personne n’est à l’abri d’une urgence.

Chaque jour est rythmé par un événement essentiel : la réunion de concertation pluridisciplinaire, à 7h30 chaque matin. C’est l’occasion pour tous les membres de l’Institut de se rencontrer en petit-déjeunant afin de discuter ensemble des dossiers des patientes, en somme, de la convivialité au service des patientes.

Cette implication auprès des patientes est alimentée par des progrès importants en matière de dépistage grâce à la modernisation des outils radiologiques. Les radiologues de l’Institut parviennent à dépister des cancers de plus en plus petits et donc une détection toujours plus précoce grâce à des outils comme l’échographie mammaire, la mammographie 3D (aussi appelée tomosynthèse) ou encore à l’IRM mammaire.

Certaines thérapies ciblées ont également beaucoup progressé, avec en première position, le trastuzumab qui permet de prendre en charge des cancers du sein dit HER 2 surexprimé.

Il en est de même pour la chirurgie avec l’augmentation des traitements conservateurs, ce qui implique que les chirurgiens réalisent moins de mastectomies. Les cicatrices sont toujours plus petites et moins visibles. Des techniques innovantes permettent désormais de reconstruire les seins en cas d’ablation et de les remodeler au mieux pour que le sein conserve sa forme et son volume. L’arrivée du ganglion sentinelle évite à de nombreuses patientes un curage axillaire qui pouvait donner un lymphoedeme.

Ces progrès facilitent la prise en charge des patientes de manière considérable, les taux de guérison augmentent petit à petit. Les campagnes qui favorisent le dépistage n’y sont pas non plus pour rien.

« Nous sommes moins démunis face au cancer même en cas de récidive ou de métastases. » 

L’art au service du cancer du sein

Mais le Docteur Didier Bourgeois ne se limite pas à la médecine, c’est aussi un grand passionné de peinture et de sculpture. Alors pourquoi ne pas allier les deux ?

Ni une, ni deux, il se lance très naturellement dans la communication sur le sein à travers la peinture classique et moderne. On ne peut pas faire abstraction du fait que le sein est un organe aux nombreuses symboliques. Symbole de maternité, de virginité, le sein et la poitrine en général, sont aussi des symboles de féminité et de sexualité. Figure virginale ou érotique, la poitrine féminine reste cependant très rarement représentée mutilée ou atteinte de la maladie dans la peinture classique.

« Il faut voir bien évidemment le célèbre tableau de Zurbaran sur le martyr de Sainte Agathe ou un des tableaux de Rembrant où il représente sa maîtresse avec une tumeur du sein à peine voilée. »

La peinture moderne commence à renverser la tendance notamment avec le développement du street art. Beaucoup plus engagée, elle met en avant le cancer du sein plus aisément. Sous le conseil de Didier Bourgeois, la rédaction vous invite à découvrir l’association SKIN montée par une de ses patientes, Cécile Cleach. Elle y réunit artistes peintres, sculpteurs, plasticiens et patientes afin qu’ils libèrent une énergie commune autour d’une même oeuvre.

Dans l’avenir, ils aimeraient ensemble mettre en place une vente aux enchères de ces oeuvres dans le but de récolter des fonds pour de nombreux projets autour de la prise en charge du cancer du sein.

Chirurgien pour tous 

Le Docteur Bourgeois n’oeuvre pas seulement à Paris. Il participe aussi à la création de services de chirurgie cancérologique mammaire dans des hôpitaux à l’étranger. C’est le cas à l’hôpital de l’amitié khméro-soviétique de Phnom Penh au Cambodge. Didier Bourgeois s’y est rendu accompagné de son ami le Professeur Tan Phally et s’y rend encore chaque année pour faire progresser les équipes. Cette année il y retourne avec un but précis : celui d’améliorer l’analyse des tumeurs afin d’améliorer les traitements.

Là-bas, ils ont permis la création d’une unité  chirurgicale spécialisée mais ils ont aussi mis en place une réunion de concertation pluridisciplinaire afin que chaque spécialité puisse communiquer avec les autres pour améliorer les conditions des femmes cambodgiennes. En s’y rendant l’année dernière, le Docteur Bourgeois a réalisé une opération plutôt lourde, jamais vue chez eux encore : remplacer une partie de la paroi par un lambeau musculaire et cutané venant du dos.

« J’avais l’impression de monter sur l’Everest : pour eux c’était leur Everest. »

Et comme un chirurgien ne vient jamais seul, Didier Bourgeois est aussi poète :

« La chirurgie c’est une confrérie au sens étymologique du terme même si nous n’avons pas les mêmes moyens nous parlons le même language, celui de nos mains, pour travailler, disséquer et opérer. Pour faire mon métier, il ne faut pas grand chose, surtout de la volonté. J’ai appris avec eux une autre médecine : celle de la générosité. »

« Mes collègues cambodgiens sont des amis, de ces amis que l’on n’oublient pas même quand l’on repart en France. »

Père dévoué, le Docteur Didier Bourgeois fait transparaître sa bonté jusque dans une autre de ses passions qu’il partage avec ses deux filles Capucine et Vanille : l’équitation. Et pour cela rien de mieux qu’être ambassadeur pour l’association de Jessica Newman, Just World International avec elles. Cette association regroupe de nombreux cavaliers internationaux et finance un orphelinat et une école sur l’ancienne décharge de Phnom Penh.

Tous les trois se sont très vite intéressés à ce projet et soutiennent JWI au quotidien à travers des voyages et aussi lors du gala annuel de JWI Europe qui se tient tous les ans à Deauville.

Comme on le sait : « All heroes don’t were capes«  et le Docteur Didier Bourgeois en est une belle preuve. Les progrès ne cessent de se poursuivre, les chirurgiens perfectionnent leurs méthodes, enseignent et sauvent de nombreuses vie. Et comme Docteur Bourgeois, on peut travailler sénologie, penser sénologie, et vivre famille, arts, sport et amis tout en voyageant pour accomplir tout ce qu’il y a à accomplir ailleurs.

Et voilà, c’est la fin de cet article pour clôturer l’Octobre Rose chez Jollies Magazine. Merci au Docteur Didier Bourgeois pour ses réponses, son temps, et son travail au quotidien.

Pour le vocabulaire scientifique c’est par là !

sénologue: médecin spécialisé dans l’étude et le traitement des maladies mammaires.

radiothérapeute: c’est un médecin spécialiste des méthodes de traitement fondées sur l’action biologique des rayonnements ionisants et plus spécialement des rayons X.

anatomopathologiste: spécialiste qui étudie les altérations organiques des tissus et des cellules provoquées par la maladie.

médecin nucléaire: médecin spécialisé dans les substances radioactives qui sont utilisées pour diagnostiquer ou soigner un problème de santé.

trastuzumab: c’est un médicament anti-cancéreux indiqué dans le traitement du cancer du sein.

HER 2 surexprimé= récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain : sa surexpression provoque le développement des cellules cancéreuses.

mastectomie: opération qui consiste à retirer la totalité du sein.

curage axillaire: opération qui consiste à retirer les ganglions de l’aisselle pour plusieurs raisons selon la maladie.

lymphoedeme: c’est un gonflement d’une partie du corps suite à une accumulation de liquide lymphatique dans les tissus.

Alix LOYER

Crédit image à la une: @Pixabay

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