Le 39ème festival du film italien de Villerupt

Cette année, le festival fête ses 39 ans dans la commune de Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Considérée comme la commune la plus italienne de France, c’est ici qu’est né le festival. Féru de cinéma ? Aujourd’hui, Jollies vous présente cet évènement si particulier aux yeux des villeruptiens depuis maintenant 39 ans.

La naissance du festival

Villerupt. Une commune du Grand Est qui compte, aujourd’hui, environ 10 000 habitants dont les trois quarts ont un nom à consonance italienne. Ce sont tous des descendants d’immigrés italiens, généralement de la région de Gualdo Tadino (Ombrie). En effet, la naissance de ce festival n’est pas anodine, dans une ville où l’immigration italienne a été la plus importante, dès la moitié du XXe siècle.

C’est en 1976 que la MJC locale crée un peu par hasard ce festival. Des passionnés de cinéma en tout genre veulent présenter durant plusieurs jours quelques films. Cet évènement rencontre un grand succès et c’est avec plaisir que le projet est réitéré avec de nombreux bénévoles dont des italophones. D’années en années, le festival attire de plus en plus de monde : les villeruptiens mais aussi la région Lorraine et les frontaliers (la Sarre et le Luxembourg). Mais c’est en 1983 que la crise s’abat sur le cinéma italien. Le festival se voit annulé pendant trois ans, avant de reprendre de plus belle, avec de nouveaux bénévoles.

Quelques années plus tard, le festival se professionnalise et se détache progressivement de la MJC pour devenir un festival à part entière.

Il faut savoir que l’industrie cinématographique italienne ne vise pas les marchés mondiaux. C’est pourquoi le festival du Film Italien permet de populariser ces oeuvres cinématographiques qui sont montrées au « compte-goutte » en France et au Grand Duché.

La 39ème édition : le thème des scénaristes

Chaque année, le festival propose un thème et une liste de films qui fait référence à cette thématique. Deux catégories de films sont alors proposés : ceux en compétitions et les films libres. Plusieurs jurys sont composés et remettent l’Amilcar au meilleur film.

Tonino Guerra, poète, écrivain et scénariste italien :

 L’auteur du film quand il s’agit d’un grand metteur en scène, c’est toujours le metteur en scène. Mais pour le moins, je voudrais que l’on reconnaisse que certaines inventions grâce auxquelles les gens rentrent chez eux en disant que le film leur a plu, appartiennent au scénariste. Que l’on ignore tout du rôle du scénariste est une pure honte.

C’est pourquoi cette année, les scénaristes sont mis à l’honneur, pour « mettre en évidence le travail de nouveaux talents apparus ou confirmés » indique le Festival sur leur site internet. De nombreux documentaires seront également proposés durant cette édition 2016, ainsi qu’un nombre impressionnant de 68 films présentés cette année.

Jollies Magazine a interviewé Kenza HADDADI, étudiante à Sciences Po Strasbourg, originaire de Villerupt. Selon elle, le festival est un évènement qui dynamise la ville. A cette époque de l’année, c’est une ambiance particulière qui s’installe à Villerupt. Ayant étudié l’italien depuis le CM1, elle est aujourd’hui ravie de visionner ces films sans regarder les sous-titres. Le thème des scénaristes ne lui a pas sauté aux yeux en regardant l’affiche. A quel genre de films t’attends-tu cette année ? « Peut être des films plus artistiques, plus techniques« , nous a-t-elle alors déclaré.

Julie Gayet, actrice et productrice de cinéma français sera présente cette année. La compagne du président a souhaité monter un projet au côté d’un jeune réalisateur italien avant d’accepter de présider le Jury. Que de belles surprises en cette 39ème édition !

La cérémonie d’ouverture : un « brassage culturel qui va au delà de nos origines« 

La très célèbre cérémonie d’ouverture, tant attendue ! Les spectateurs font déjà la queue alors que la cérémonie ne débute qu’à 20h. La soirée est gratuite, ce qui implique davantage de monde dans cet évènement culturel si particulier.

Il y a quelques années encore, le festival accueillait de nombreux italophones ainsi que les enfants ou petits-enfants d’immigrés italiens. Aujourd’hui, un nouveau public fait son apparition. Il y a de tout : des jeunes, des moins jeunes, les doyens de Villerupt, des frontaliers comme les Luxembourgeois, des blancs, des noirs, des italiens d’origine, des français de souche. Le festival du film Italien, c’est avant tout rassembler les communautés.

La cérémonie a ainsi débuté à 20h30. La salle est bondée et les retardataires n’auront pas droit à une place assise. Le maire de Villerupt, Alain Casoni prend la parole. Il considère alors le festival du Film Italien comme une véritable richesse cinématographique en rappelant la naissance de celui-ci, le 9 novembre 1976. Aujourd’hui, le festival compte plus de 40 000 spectateurs. Leur fidélité a permis à cet évènement culturel de devenir  un évènement populaire qui rappelle que l’identité villeruptienne doit beaucoup à la diversité des cultures.

« L’individu n’est rien sans partage et sans solidarité »

Martin Kox, représentant de la ville de Esch-sur-Alzette (Luxembourg) a, quant à lui, exprimé sa fierté d’être partenaire de l’histoire italo-française. Notamment de cette amitié qui s’est créée au fil des années entre les Italiens, les Français et les Luxembourgeois, une amitié qui perdure toujours.

« Les accueillir humainement« . C’est ce qu’a déclaré Jean-Pierre Minella,  vice-président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Cette parenthèse concernant la situation actuelle envers l’accueil d’immigrés a suscité de nombreux applaudissements, puisqu’elle se fond parfaitement avec le Festival, produit d’une culture avant tout étrangère.

Échange, dialogue et partage, sont les trois termes qui caractérisent le festival selon le Consul général d’Italie de Metz, Adolfo Barattolo. Cet évènement est un « élément indissociable de la mémoire collective de Villerupt« , a-t-il également déclaré.

Christian Eckert, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, était également présent. C’est dans un discours humoristique sur la cuisine italienne qu’il aborde son soutien financier pour le pôle culturel en promettant une somme de 4 000 000€. Une même somme également versée par le Conseil Général.

« Un brassage culturel qui va au-delà de nos origines « 

Le président du festival, Oreste Sacchelli, introduit les deux jurys : le jury-jeune composé de lycéens pratiquant la langue italienne et le jury officiel. Ce dernier visionnera sept films. A sa tête, Julie Gayet, détentrice de la maison de production Rouge Internationale. L’actrice et productrice a collaboré avec le célèbre acteur Marcello Mastroianni.

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La cérémonie d’ouverture se termine par le visionnage d’un film. « Si può fare » (ndlr : « Ça peut se faire » en français) créé par le scénariste Fabio Bonifacci, qui aborde alors un sujet universel, le rapport entre la maladie et la normalité, à travers une coopérative de travail pour les personnes déficientes. Une histoire vraie qui raconte encore aujourd’hui l’existence de ces coopératives en Italie.

Jollies Magazine ne vous en dira pas plus et vous invite ces deux prochaines semaines au festival ! Ci vediamo al festival ! 

Clara BIAGIOTTI

Crédit image à la une : Affiche du festival du film italien de Villerupt
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