Rencontre avec le Street Art anglais

« Un mur est une arme redoutable. C’est l’une des plus dangereuses avec laquelle vous pouvez frapper quelqu’un » disait Banksy. Le street art s’est installé depuis plus d’une vingtaine d’années mais ne cesse de se démocratiser vers une cible revendiquant les maux de la société et d’une liberté d’expression hasardeuse. Tel un musée à ciel ouvert, la ville de Londres vous offre une balade pleine de surprises. La rédaction de Jollies Magazine s’est accordée un week-end à la découverte des quartiers londoniens réputés pour faire vivre ces créations toutes plus différentes les unes que les autres. Petit tour d’horizon…

Né dans le métro new-yorkais dans les années 1970, le street art apparaît en Europe quelques années plus tard avec le même esprit : la liberté d’expression. L’enjeu de ce mouvement est simplement une démocratisation de l’art urbain ainsi qu’une visibilité auprès du grand public. Cependant, si l’avantage premier de celui-ci est sa gratuité, la difficulté est de savoir où le contempler.

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Quartier de Brick Lane

Au commencement…

Bien que le street art soit né dans le métro et plus précisément sur les wagons new-yorkais, les toutes premières traces ont été de simples tags laissés dans la ville par quelques graffeurs, à l’époque encore minoritaires. L’espace d’influence du street art a ainsi bien évolué. Pour autant, les techniques utilisées par les graffeurs n’en restaient pas moindres. En effet, l’art urbain a connu une réelle transformation puisque les compositions urbaines ne se limitent plus à de simples signatures mais à de véritables oeuvres grandeur nature. Néanmoins, dans les années 1980, une loi interdit à New York les pratiques liées au street art, c’est pourquoi après la parution de cette loi, le nombre de graffeurs a littéralement diminué. En effet, les plus téméraires d’entre-eux se sont exilés dans les quartiers défavorisés du Bronx afin de se dévouer à conserver la survie du mouvement.

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Leake Street Tunnel

En Europe, le mouvement apparait dans les années 1980 où il est perçu comme un art à part entière auprès des artistes. À l’image de ses racines américaines, le street art européen reprend tous les codes intellectuels et iconographiques pour mêler oeuvres humoristiques et polémiques. Ainsi, ce qui a permis une implantation rapide et brutale de ce mouvement en Europe est tout simplement son côté inaccessible et illégal.

La revendication est alors l’un des premiers enjeux du street art : le mouvement combat toutes formes d’oppression et de totalitarisme. Lors de la chute du mur de Berlin notamment, le mur était rempli de graffitis protestataires polémiques remettant en cause la notion de paix et d’égalité dans le monde.

Bristol : Terre d’asile du street art

Si le mouvement qu’est le street art devait trouver refuge, ce serait surement à Bristol qu’il irait faire ses valises. Vous pouvez en être sûr, Bristol ne laisse pas indifférent par son charme urbain et il est clair que la ville regorge d’énergie créative. Véritable berceau de l’artiste Banksy, célèbre graffeur dont les oeuvres ont fait couler beaucoup d’encre à travers le monde, la particularité de Bristol réside bien entendu dans sa multiplicité de styles urbains. Largement propulsée par les groupes Massive Attack et Portisheadthumb_img_0954_1024, dès le début des années 1990, la ville s’est vue au fil des années, devenir un symbole de liberté d’expression pour les graffeurs du monde entier. Comme de nombreuses villes, Bristol a d’abord connu une réelle répression de toutes les formes d’art urbain puis elle est devenue le théâtre de l’éclectisme artistique. En effet, c’est à Bristol que réside le célèbre festival « Upfest » qui réunit plus de 250 artistes locaux et étrangers ayant comme support un mur de plus de 3 kilomètres de long. Autant dire que l’événement est en quelque sorte le Woodstock des amateurs de street art.

Sous les feux du street art londonien

Oubliez Big Ben, Buckingham Palace ou encore le Tower Bridge et visitez Londres sous un autre regard : son côté artistique.

Notre découverte du street Art londonien débute dans la pénombre du Leake Street Tunnel, également surnommé « The Graffiti Tunnel ». Situés sur la rive sud de la Tamise, ces 300 mètres de liberté pour les graffeurs sont un passage obligatoire pour tous les amoureux de Street art. Chaque mètre carré de ce tunnel est occupé par une multitude de couleurs et certaines bombes de peintures laissées à l’abandon jonchent encore le sol. Une ambiance calme domine ce lieu situé à l’écart, l’occasion d’admirer les oeuvres sans être dérangé par la foule de la capitale britannique.

Si comme nous, vous avez la chance de passer par l’Est de Londres et par Brick Lane un dimanche, vous ne resterez pas sur votre faim. Vous trouverez d’ailleurs de quoi vous rassasier à chaque pas ! Spécialités chinoises, mexicaines, françaises mais encore espagnoles, en bref, la cuisine du monde s’offre à vous. Plusieurs types de petits marchés vous entourent dans un décor similaire à une véritable galerie à ciel ouvert. Visitez, explorez, vous trouverez des oeuvres à chaque coin de rue et même des artistes musicaux venus faire partager leur fibre artistique à des populations bien différentes les unes des autres. Dans ce quartier où s’est développé le street art, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil partout autour de vous, par terre, en l’air, et suivez les rues perpendiculaires à Brick Lane Street, vous trouverez de réels trésors. En deux mots, pour l’originalité, Brick Lane c’est l’endroit idéal !

Le street art entretient probablement son succès dans le simple fait que celui-ci soit un art éphémère : les oeuvres restent un certain temps exposées sur les murs avant d’être recouvertes par de nouvelles oeuvres. À la fois novateur et intemporel, l’art urbain s’est implanté dans nos rues pour constituer un véritable mouvement artistique. Pourtant, bien qu’il soit illégal dans les endroits publics et punis par les autorités, il n’en reste pas moins un mouvement pacifiste. Toujours est-il, le street art suscite bien des disparités au sein de la société. En effet, perçu comme un art « marginal » d’un côté, il est de l’autre ressenti comme étant le mouvement manquant d’une société en perdition artistique.

C’est pourquoi profiter et avoir accès à cet art tout autour de nous est une vraie chance. Alors rien que pour ça, Londres, l’une des véritables vitrines du street art, ne vous laissera pas indifférent.

 

Texte et crédits photos : Manon VANPEENE et Ilan MOUNA

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2 réflexions sur “Rencontre avec le Street Art anglais

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