Mode éthique : Hylla repense votre garde-robe !

Hylla, c’est une petite start-up parisienne qui met à l’honneur la penderie partagée. Elle promeut la mode à la fois écologique et économique, Jollies Magazine a discuté avec Céline Zimmermann, l’une des deux fondatrices du projet.

C’est en juillet 2015, alors que Céline Zimmermann (22 ans) et Amandine Valcares (22 ans) étudient toutes deux à Hambourg, en Allemagne, que le concept de penderie partagée d’Hylla voit le jour. Plus largement, Hylla est un concept de location de vêtements, à Paris. Avec ce projet, dont un financement est en cours sur Ulule, Céline et Amandine révolutionnent à leur manière la mode. En donnant une seconde vie à des vêtements, les filles luttent contre la surconsommation, et surtout la pollution qu’engendrent les productions vestimentaires. Elles promeuvent une mode économique, durable, éthique et surtout écologique !


Jollies Magazine : Hylla en quelques lignes, c’est quoi ?

Céline Zimmermann : Hylla, c’est un concept de location de vêtements fun et colorés, pour femmes. C’est une idée tout droit venue des pays nordiques, où cette manière de consommer (i.e. les penderies partagées) existe déjà depuis plus de cinq ans. L’idée, c’est de repenser son rapport à la mode, en la louant plutôt qu’en l’achetant, pour pouvoir jouer avec les styles et changer de looks régulièrement, sans avoir nécessairement besoin de passer par la case « achat » !

Qui sont les fondatrices d’Hylla, pouvez-vous vous présenter ?

Nous sommes deux jeunes femmes à avoir lancé le projet Hylla : Amandine Valcares, mon associée, qui a 22 ans, et moi-même, Céline Zimmermann, 22 ans également. Nous avons décidé de nous lancer dans cette aventure il y a un peu plus d’un an maintenant, en juillet 2015, lorsque nous étions toutes les deux en Allemagne, à Hambourg plus exactement, pour nos études.

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Céline (en haut) et Amandine (en bas), les fondatrices d’Hylla – @Hylla

C’est d’ailleurs dans cette ville que nous nous sommes rencontrées, un peu par hasard, car nous faisions notre stage de fin d’études dans la même boîte. Au cours d’une discussion, j’ai parlé à Amandine de mon projet de lancer en France un concept de location de vêtements ; elle a trouvé l’idée très inspirante, elle connaissait le concept également. Et quand j’ai vu son enthousiasme, je lui ai tout de suite proposé que l’on monte ensemble ce projet entrepreneurial, même si nous nous connaissions très peu à l’époque ; ça s’est fait tout seul. Et c’est vraiment notre rencontre, et la complémentarité de nos profils, qui nous a permis de nous lancer ; c’était l’élément déclencheur, je dirais.

Comment vous est venue l’idée d’un dressing partagé ?

C’est en découvrant ce concept en Allemagne il y a presque deux ans que je me suis dit qu’on pourrait tenter l’aventure en France et voir si cette idée plairait autant aux consommatrices françaises. Pour nous, la location de vêtements, et a fortiori la location de vêtements vintage et de seconde main, est une évidence : c’est une solution à la fois sympathique, économique et durable, face à la surconsommation de prêt-à-porter et à la pollution qu’elle entraîne. Quand j’ai découvert l’existence de ce principe de location de vêtements, je me suis dit « mais pourquoi on n’y a pas pensé avant ? »

D’où viennent les vêtements qu’Hylla a à sa disposition ?

Les vêtements qui constituent notre Penderie Partagée sont uniquement des vêtements de seconde main : des vêtements et accessoires que nous avons chiné sur des brocantes, vide-dressings, dans des friperies, mais aussi des vêtements que l’on nous a donnés ou vendus.

L’idée c’est de privilégier la réutilisation plutôt que la production ; il y a tellement de vêtements et de textiles déjà existants que l’on peut déjà faire beaucoup de choses avec ! Et d’un autre côté, privilégier les pièces vintages et originales, c’est aussi un moyen de permettre à nos clientes d’avoir des pièces uniques et recherchées, de pouvoir se créer ses propres looks, et de ne pas forcément ressembler à tout le monde.

Êtes-vous, aussi, une grande férue de mode ? Connaissez-vous le phénomène du dressing qui déborde et la fameuse phrase « je n’ai rien à me mettre » (ndlr : cette phrase est indiquée sur la page du finanement Ulule) ?

Je n’ai jamais été une très grande férue de mode ; comme n’importe quelle jeune femme aujourd’hui, j’allais régulièrement faire du shopping, les soldes, et tout le tralala…

Et puis c’est petit à petit que j’ai découvert les impacts de l’industrie textile sur l’environnement et sur les Hommes ; j’ai ouvert les yeux, et maintenant je n’ai plus aucun plaisir à aller faire du shopping dans un centre commercial. Par contre, j’adore chiner dans des vide-dressings, des friperies, des ventes au kilo, et trouver des petites perles rares.

Vous avez lancé une collecte Ulule, où en est le projet pour l’instant ? Et quelles sont les prochaines étapes ?

Effectivement, on a lancé une campagne de crowdfunding (ndlr : financement participatif) fin septembre ; elle se termine fin octobre et nous sommes actuellement à 85% de notre objectif. Donc pour l’instant ça se lance bien, et Amandine et moi sommes vraiment très heureuses de voir que nous sommes soutenues par un nombre croissant de personnes qui croient en notre concept et en son potentiel. Et grâce à cette campagne nous gagnons de plus en plus en visibilité, c’est super ! Les choses se concrétisent, et ça fait du bien !

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@Hylla

Souhaitez-vous ouvrir une boutique ?

A la base, nous souhaitions ouvrir une véritable boutique, avec pignon sur rue, dans Paris. Cependant, nous sommes en train de remettre en question cette idée, car les locaux de ce type sur Paris coûtent extrêmement cher… Et pour lancer une activité innovante comme la nôtre, c’est un peu risqué, surtout que nous avons besoin d’une assez grande surface.

C’est pourquoi nous cherchons aujourd’hui un loc

al commercial qui pourra à la fois nous servir à gérer la partie e-commerce de notre activité, et qui pourra également faire office de « showroom« , certains jours de la semaine, et lors d’événements en particulier. Les clientes parisiennes pourront donc directement venir essayer et sélectionner les vêtements sur place, au sein de la Penderie Partagée. À côté de cela, nous allons continuer de faire des événements régulièrement dans divers spots parisiens, car c’est important pour nous de rencontrer nos clientes, de tisser des liens et de faire en sorte qu’Hylla soit aussi un moyen de se rencontrer et de partager ; pas uniquement un moyen de consommer.

Hylla n’existe donc que sur Paris ?

Pour l’instant, Hylla fonctionne sur la base d’événements éphémères, que nous organisons uniquement à Paris en effet. Mais par la suite, via le développement de notre concept en ligne, nous pourrons toucher toute la France métropolitaine ! Le mouvement des « Hyllarantes » pourra ainsi avoir une plus grande portée, car nos clientes pourront sélectionner leurs emprunts en ligne et les recevoir directement chez elles, peu importe où elles habitent en France.

Hylla, c’est réservé aux femmes ?

C’est uniquement pour les femmes pour le moment ; on envisage cependant l’éventualité de développer un service pour les hommes, voire pour les enfants également, et peut-être pour les femmes enceintes. Mais tout cela se fera petit à petit ; chaque chose en son temps.

Pouvez-vous expliquer le fonctionnement d’Hylla ?

Avec le développement du site e-commerce, nous souhaitons mettre en place un abonnement, qui sera à 35 euros par mois, et qui donnera accès à 200 points. La cliente est ensuite libre d’utiliser ses 200 points comme elle le souhaite sur la collection. Par exemple, elle peut emprunter une robe de soirée très originale, de très belle qualité, qui aura une valeur de 200 points, ou bien 2 tops à 50 points et une belle jupe à 100 points. L’attribution des points dépend du type de vêtement (top, jupe, manteau, robe, veste, accessoire, etc), de la marque, de l’originalité et des conditions de lavage (si on doit faire appel à un service de pressing pour le nettoyage de la pièce, bien entendu le nombre de points attribués sera élevé).

Existe-t-il des pénalités pour les client(e)s qui vous rendraient des vêtements détériorés ?

Oui, nous mettons en place une grille tarifaire en fonction du type de dégât (tâche, trou, accroc, etc). Si le dégât est irréparable et que la pièce est donc perdue, la cliente devra nous rembourser la valeur de la pièce, qui lui sera communiquée au moment de l’emprunt.

Vous avez beaucoup de soutien, notamment de Cécile Duflot ou encore de la chambre de commerce et d’industrie de Paris, ça fait quoi de se sentir aussi soutenues dans son projet ?

Ca fait beaucoup de bien de se sentir soutenues ainsi, ça booste vraiment ! Ca nous permet de croire d’autant plus en notre idée et en son potentiel. On est vraiment en train de surfer sur une vague qui prend de l’ampleur : la vague de la mode éthique et responsable, la vague du consommer mieux et autrement ; et c’est superbe de sentir qu’on est en phase avec notre génération ! »

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On vous le disait plus haut, pour financer leur projet, les filles ont mis en place un crowdfunding. Dès que les 8000€ de la collecte Ulule seront atteints, le site web sera développé et pour les fêtes de fin d’année, il devrait être opérationnel. Les fondatrices l’ouvriront en premier aux personnes qui ont contribué à la cagnotte Ulule, afin qu’ils le testent et leur fassent leurs retours, pour qu’il soit parfait en janvier, lors de l’ouverture au grand publicAlors, si ce projet vous plaît autant qu’à nous et que vous voulez participer à la révolution écologique de la mode qui est en marche, vous pouvez contribuer au projet juste ici, mais faites vite, le 29 octobre le financement sera terminé ! Pour les Parisiennes, rendez-vous le 2 novembre à leur Hyllarious Party pour fêter la fin du crowdfunding et rencontrer Céline et Amandine ! 

Aujourd’hui, la penderie des « Hyllarantes« , composée de 350 pièces, va du XS au XL, avec une large majorité de vêtements en 36, 38 et 40. Chaque pièce, puisqu’elle est chinée, est unique. Peu à peu la penderie se développera et plus de vêtements en XS et XL seront disponibles. Pour celles qui n’auraient pas assez avec 200 points et qui en voudraient plus, Hylla envisage d’intégrer plus tard des cartes one shot, pour louer des vêtements une fois, sans avoir à payer un abonnement. Si les prix ne sont pas encore fixés, la carte one shot permettrait à la cliente de dépenser 100 points en une fois. Parmi les autres offres envisagées, une carte avec 300 points épuisables, utilisable en plusieurs fois sur l’année.

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@Hylla

Pour l’instant, Hylla loue les vêtements de sa penderie partagée d’événements en événements et chaque cliente doit laver le vêtement à sa charge. Lorsque le site sera mis en place, c’est l’équipe Hylla qui s’occupera de laver les vêtements entre deux emprunts, pour des questions d’hygiène. Pour les pièces les plus fragiles, les vêtements seront confiés à des pressings.

Avec le système d’événements aujourd’hui en place, les clientes choisissent leurs vêtements à un événement et les rapportent à l’événement suivant. Quand le site sera en place, chacune pourra garder ce qu’elle a loué aussi longtemps qu’elle veut, tant qu’elle continue à payer son abonnement ! Comme le dit si bien Céline, « l’idée c’est de pouvoir changer tout le temps sans posséder le vêtement« . Dans les mois et années à venir, Amandine et Céline espèrent intégrer peu à peu la vente de leurs vêtements, pour leurs abonnées, à des tarifs intéressants. C’est un moyen pour elles de renouveler leurs stocks régulièrement et d’être sûre que leurs clientes évitent l’achat compulsif, c’est le principe du « try before you buy » (ndlr : « essayer avant d’acheter »). Alors, convaincues ?

Et pour suivre toutes les aventures « Hyllarantes » de la startup, c’est ici que ça se passe :
Hylla.fr – FacebookTwitterInstagram – Ulule

Propos recueillis par Camille BRONCHART

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5 réflexions sur “Mode éthique : Hylla repense votre garde-robe !

    1. Merci pour ton commentaire Léa-Marie ! En effet c’est une super chouette idée, mais j’aime bien avoir mes vêtements aussi pour pouvoir les porter quand je veux ! Mais tout à fait d’accord pour les pièces « exceptionnelles » !
      A bientôt
      Camille 🙂

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