Retour sur les pires propos sexistes de Donald Trump

Cela en deviendrait presque répétitif : à chaque nouvelle apparition ou mention de Donald Trump, on découvre l’existence d’une nouvelle vidéo, d’un nouvel extrait, d’un nouveau témoignage, incriminant le candidat à la présidentielle américaine dans une démonstration explicite de sexisme. Et immédiatement après ces révélations suivent les explications de Trump ou de son équipe. Entre vidéo prise hors de contexte, plaisanteries douteuses et mensonges éhontés, le magnat de l’immobilier trouve mille et une raisons pour démontrer cette gigantesque tentative de le  dénigrer aux yeux de tous mais surtout des femmes, qu’il jure avoir toujours respectées. Nous vous proposons de revenir sur quelques un des scandales misogynes de Donald Trump.

Le viol présumé de sa femme Ivana

Dans le livre Lost Tycoon: The Many Lives of Donald J. Trump d’Harry Hurt, publié en 1993, Ivana Trump révèle avoir effectué une déposition au moment de son divorce avec le millionaire en 1991 l’accusant de l’avoir violé.

L’événement, décrit dans le livre, aurait eu lieu en 1989. Trump vient alors de subir une douloureuse opération de réduction du cuir chevelu, effectuée par le chirurgien esthétique conseillé par Ivana. Furieux, il aurait violemment arraché des mèches de cheveux de sa femme pour mimer sa propre souffrance avant de la violer.

Et quelle a été la défense de Trump ? Interrogé par le quotidien Newsday en 1993, le républicain a nié l’accusation, faite selon lui par un homme « peu attrayant, une personne vindicative et jalouse ». Depuis, le candidat a toujours réfuté les allégations et son ex-femme Ivana a déclaré avoir voulu parler d’un viol « émotionnel » plutôt que physique. Récemment, après la resurface de cet incident dans la presse, l’avocat de Trump, Michael Cohen, a argué qu’« on ne peut pas violer son épouse ». 

Les conseils sur comment traiter le « sexe faible »

Invité sur le plateau d’Oprah Winfrey avec sa première femme Ivana en 1988, Trump divulgue que l’entente du couple est optimale, puisque sa femme fait « exactement ce qu’(il) lui dit de faire », ce à quoi Ivana répond en riant qu’il est « un vrai machiste ».

Dans son portrait rédigé dans le New York Magazine en 1992, le candidat est cité comme annonçant que « Vous devez les traiter (les femmes) comme de la merde ».

Durant une discussion enregistrée par un microphone avec Billy Bush, présentateur d’Access Hollywood, en 2005, Donald Trump explique que « quand vous êtes une star, elles se laissent faire. Les attraper par la chatte, vous pouvez faire ce que vous voulez. ». La vidéo de cette conversation a été révélée par le site du Washington Post deux jours avant le second débat télévisé opposant Donald Trump à Hillary Clinton le 9 octobre dernier.

Et quelle a été la défense de Trump ? Trump a souvent décrété depuis le début de sa campagne qu’il « chérit » les femmes et serait leur plus grand avocat s’il était élu président. Deux petites heures avant le second débat télévisé, le candidat a tenu une conférence avec quatre femmes ayant en commun d’avoir accusé l’ex-président Bill Clinton d’harcèlement sexuel voire de viol. Muré dans une posture de défenseur du droit des femmes, Trump les a ensuite invité personnellement à assister au débat, durant lequel il déclaré être « un gentleman », provoquant ainsi les rires du public.

Les propos tenus à l’encontre d’Hillary Clinton

Le candidat républicain n’est pas avare d’attaques et remarques désobligeantes à l’encontre de sa concurrente à la course pour la présidentielle américaine.

Alors encore candidat à la primaire républicaine, Donald Trump retweete en avril 2015 les propos tenus par un utilisateur, insinuant que les infidélités de Bill Clinton serait liées à la capacité d’Hillary Clinton à être une bonne présidente américaine : « Si Hillary Clinton ne peut pas satisfaire son mari, qu’est ce qui vous fait penser qu’elle pourra satisfaire l’Amérique ? »

trump.jpg

Durant une autre intervention au moment des primaires démocrates, il insinue que la candidate n’aurait « même pas 5% des votes » si elle n’était pas une femme. 

Plus récemment, dans un meeting à Greensboro, en Caroline du Nord, le 14 octobre dernier, Trump a émis quelques commentaires sur le physique de son opposante, déclarant :« J’étais derrière mon podium et elle est passée devant moi. Croyez moi, je n’ai pas été impressionné ».

Et quelle a été la défense de Trump ? Pour le tweet, un des portes paroles du républicain a fait savoir que celui-ci n’aurait pas été fait par le magnat de l’immobilier lui-même. Pour tout le reste, aucune excuse ou explication n’ont été notées.

Les accusations d’assaults sexuels portées à son encontre

Une ancienne Miss Utah, Temple Taggart, a affirmé au New York Times que lors de leur première rencontre, Trump l’a embrassé directement sur la bouche. Un traitement qu’il aurait réservé à d’autres participantes du concours, a-t-elle précisé.

Jill Harth accuse le millionaire depuis maintenant plus de 20 ans de l’avoir agressé sexuellement au début des années 90, durant un dîner d’affaire avec l’homme, alors qu’elle s’y trouvait avec son petit ami. Trump aurait tâtonné sous la jupe de la jeune femme à plusieurs reprises.

Dans une interview donnée au New York Times,  Jessica Leeds raconte un épisode qui s’est déroulé en 1980. Alors passagère en première classe dans un avion en direction de New York, Donald Trump, qu’elle ne connaissait pas auparavant, lui touche les seins puis tente de passer ses mains sous sa jupe. Dans le même papier, Rachel Crooks explique avoir elle aussi rencontré Donald Trump pour la première fois en 2005, alors qu’elle n’avait que 22 ans, quand l’homme, après les présentations d’usage, l’embrasse sans son accord.

Peu après la publication de cette interview, une jeune femme, Mindy MacGillivray, raconte dans le Palm Beach Post avoir été touchée sans sa permission sur les fesses par le millionaire en 2003, durant un concert du musicien Ray Charles où elle aidait un ami photographe.

Et quelle a été la défense de Trump ? Questionné lors du second débat présidentiel sur ses propos sur les femmes dans l’enregistrement de 2005, et comment il se serait vanté de les embrasser et de les toucher sexuellement sans leur permission, le républicain a assuré n’avoir jamais réellement fait aucune de ces choses. A chacun des témoignages déposés par les femmes énoncées plus haut, Trump et son équipe ont véhément nié les propos et les ont accusé de mentir.

Les diverses remarques sexistes délivrées par le candidat

Dans The Howard Stern Show, en 2005, Donald Trump annonce au présentateur éponyme qu’une femme qui n’a pas ou peu de poitrine aura beaucoup de difficulté à être un « 10 » (c’est à dire être très attirante).

L’avocate Elizabeth Beck, qui défendait dans un procès des clients qui arguaient avoir perdu des dizaines de milliers de dollars après un échec immobilier de la société menée par Trump en 2011, a rapporté avoir été traitée de personne « dégoûtante » par le républicain après avoir demandé une pause durant une déposition pour tirer son lait maternel. L’homme serait sorti de la salle très énervé et n’aurait pas retiré son commentaire.

Durant une interview sur CNN, Donald Trump est revenu sur un débat menée par la journaliste Megyn Kelly, qu’il estime avoir été particulièrement hargneuse envers lui : « Je ne la respecte pas en tant que journaliste. Elle a commencé à me poser à me poser toutes sortes de questions ridicules. Vous pouviez voir qu’elle avait du sang qui sortait de ses yeux, du sang qui sortait de partout ». Le candidat estime ainsi que la possible période de menstruation de la journaliste eut été la raison de ses attaques à son encontre.

En 2015, dans un meeting tenu au New Hampshire, Donald Trump a déclaré que porter une burqa était « plus facile » pour les femmes : « Elles n’ont pas à porter de maquillage ni quoi que ce soit d’autres ».

A propos de Carly Fiorina, une candidate pour les primaires républicaines, le millionaire a argué, dans une interview du journal Rolling Stone en septembre 2015 : « Regardez son visage ! Qui pourrait voter pour ça ? Pouvez où imaginer avoir cette figure comme prochain président ? »

Très bavard au sujet de Rosie O’Donnell, le candidat l’a décrite comme étant « absolument dégoutante, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur. Elle parle comme un conducteur de camion. »

Et quelle a été la défense de Trump ? Sur la burqa, Elizabeth Beck, et la relation entre la tour de poitrine d’une femme et son pouvoir de séduction, le millionaire est resté sur ses positions. Megyn Kelly a déclaré ne pas vouloir de « guerre » avec le candidat, et être capable de supporter les réflexions du candidat. Carly Fiorina, si elle s’est dans un premier temps déclarée « horrifiée » par le candidat et ses propos, aurait depuis rejoint les républicains qui soutiennent sa candidature aux présidentielles. Quant à Rosie O’Donnell, elle attend toujours des excuses qui prennent plutôt la forme de nouvelles attaques à son encontre perpétuées par le candidat.

Axelle BOUSCHON

Crédit image à la une : CC BY-SA 4.0 – Wikipedia – Michael Vardon
Publicités

Une réflexion sur “Retour sur les pires propos sexistes de Donald Trump

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s