Critique : L’Odyssée, un voyage à la fois émouvant et rageant

Jacques-Yves Cousteau, homme renommé aujourd’hui pour son engagement pour sauver la planète de la pollution et de la cruauté des hommes, n’a pas toujours été le Commandant Cousteau. L’Odyssée retrace l’histoire de cet aviateur reconverti en marin, inventeur du scaphandre et premier conquérant de ce qu’il appelait « le nouveau monde », le monde aquatique. A travers les yeux de son plus jeune fils Philippe, on voit se dérouler la vie et l’aventure de Cousteau, une aventure familiale, houleuse et parfois difficile. Sans l’encenser ni le dénigrer, L’Odyssée raconte la vie de Jacques-Yves Cousteau.

Les nombreux poissons, les animaux marins, les paysages fabuleux allant du Mexique à l’Antarctique en passant par le port de Marseille… C’est l’image qui fait la force du film de Jérome Salle. Cette image poétique s’éloigne de l’aspect documentaire que peut avoir l’observation des fonds marins. Les moments oniriques où les personnages se retrouvent sous l’eau nous font goûter aux sensations délicieuses que décrit Cousteau. Les jeux entre silence et musique, la couleur fabuleuse de l’environnement, les mouvements gracieux des créatures aquatiques sont les sources d’apaisement de ce film, on s’y trouve en paix.

Odyssee, Beach with Philippe & Jan
Crédit photo : © Coco Van Oppens

Malgré un début compliqué pendant lequel le spectateur a du mal à plonger dans l’histoire des Cousteau, une fois emporté, il est impossible de le rattraper. Les têtes bien connues de Lambert Wilson (Jacques-Yves Cousteau), Audrey Tautou (Simone, sa femme) et de Pierre Niney (Philippe, son fils) forment un trio éclectique qui joue avec les émotions à la manière d’un marionnettiste. Audrey Tautou, qui n’a plus rien à prouver depuis des lustres, parvient tout de même à nous épater tant son jeu est sincère et impétueux. Pierre Niney, en fils frustré, nous montre encore une fois son talent de jeune acteur, même si l’uniformité des humeurs de son personnage ne lui a pas vraiment permis de se surpasser… Lambert Wilson, quant à lui est génial en Commandant parfois salaud, parfois admirable. Il joue sur deux tableaux et, influencé par les caractères de son fils et de sa femme, le spectateur ne peut s’empêcher parfois de gentiment le détester. Mais en le prenant, comme il faut, par les sentiments, on parvient toujours à reconquérir un public au bord des larmes.

Eh oui, Jérome Salle va jouer avec vos émotions. Entre un démarrage choc, des péripéties entre feu et glace et la montée d’angoisse sur la santé de la planète, vous vous retrouverez chamboulé en sortant de la salle. Sans être trop moralisateur, L’Odyssée remplit tout de même bien son rôle de film d’avertissement pour la cause environnemental. Il montre à quel point la planète peut être si belle qu’elle paraît irréelle et grâce à cette image le public peut comprendre comme elle est précieuse. D’une certaine manière, L’Odyssée est comme un de ces films que Cousteau réalisait pour justement sensibiliser la population.

Crédit photo à la une © Coco Van Oppens

Article à retrouver sur Pauline se fait des films

Pauline THURIER

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