10 questions à l’écrivain Ophélie Mesturoux

À tout juste 26 ans, Ophélie Mesturoux vient d’acquérir le grand statut « d’auteur publiée ». Le Destin des Âmes, son premier roman déjà disponible en ebook, sortira sous format papier courant octobre. Entre fantastique et magie, Le Destin des Âmes pourrait bien concurrencer les plus grands auteurs du genre. Jollies Magazine a rencontré pour vous cette jeune ensorceleuse des mots bourrée de talent.

1479530_1669009590004557_5188693698420220809_n.jpgJollies Magazine : Le Destin des Âmes est votre premier roman. Sauriez-vous le résumer en quelques mots ?

C’est l’histoire de Morgane Priest, une adolescente qui découvre qu’elle est une Âme, une personne dont l’âme se réincarne de vies en vies jusqu’à ce qu’elle retrouve son Âme-Sœur, dont elle a été séparée des siècles auparavant. Les Âmes ont chacune un pouvoir spécifique. Pour Morgane, il s’agit de faire de la lumière avec ses mains. C’est pour apprendre à utiliser son don et à mieux connaître sa nature profonde qu’elle va intégrer l’Institut Landsburg, une école destinée aux Âmes. Cependant, peu après la rentrée, des élèves sont enlevés les uns après les autres… et la scolarité tranquille dont rêve Morgane va en être bouleversée.

JM : D’où sont venues votre inspiration et votre envie d’écrire ?

J’ai créé un des personnages du roman il y a un certain nombre d’années, sans jamais l’utiliser. Et c’est ce personnage qui m’a « soufflé » l’idée principale du roman. Le reste s’est assez vite enchaîné, les idées me sont venues très rapidement, comme les pièces d’un puzzle qui retrouvent leur place. C’est comme si ce personnage attendait que je le remette au sein de son histoire depuis tout ce temps.
Pour la deuxième partie de la question, j’ai toujours écrit, plus ou moins selon les périodes. Étant une grande lectrice, je puise inconsciemment des idées dans tout ce que je lis depuis toujours tout en le mélangeant avec mon propre imaginaire. J’ai une imagination très riche et c’est pour cela que j’écris je pense, pour ne pas perdre ce fourmillement d’idées et pour pouvoir le partager avec ceux que ça intéresse.

JM : Quelle a été votre réaction en découvrant que vous alliez être éditée ?

Je n’en revenais pas ! Tout s’est fait tellement rapidement en plus. Moins de deux mois après avoir envoyé mon manuscrit à des maisons d’édition, j’ai reçu une réponse positive. Le temps que je réalise ce qui m’arrivait, j’étais déjà en train de signer le contrat ! C’était une sensation incroyable, je réalisais mon rêve le plus cher car des professionnels avaient aimé ce que j’avais écrit et le trouvaient bien au point de me donner une chance sur le marché de l’édition !

JM : Et maintenant, qu’éprouvez-vous avant la sortie du roman ? Peur, joie, tristesse à l’idée de laisser partir votre projet ?

Énormément de joie bien évidemment. C’est un véritable accomplissement dont je suis très fière ! Mais également de l’appréhension. Mon histoire est désormais entre les mains des lecteurs et j’espère qu’ils aimeront la lire autant que j’ai aimé l’écrire. J’attends avec impatience les premiers retours et c’est le plus stressant.

JM : Avez-vous une journée type, une manière de vous mettre en condition pour écrire ?

Je n’ai absolument pas de journée type car je ne me fixe pas de moments ou de durée pour écrire. J’écris beaucoup au feeling, quand l’envie me prend, quand les idées viennent. Je m’installe devant mon ordinateur et j’écris. Le souci c’est que souvent, l’inspiration me vient quand je ne suis pas chez moi… du coup j’ai toujours un carnet sur moi sur lequel je note toutes mes idées.

JM : Un auteur particulier qui vous a inspirée ou tout simplement donné l’envie d’écrire ?

Comme tous les auteurs, j’ai bien évidemment eu ma muse ! Il s’agit de Pierre Bottero, auteur de fantasy français. Quand j’ai découvert son univers en 2003, ça a littéralement changé ma vie de lectrice. Et, plus tard, ma vie d’auteur. Son écriture m’a toujours fascinée, elle est pour moi absolument parfaite. Bottero est et restera mon modèle, celui qui m’a réellement donnée l’envie et le courage d’aller au bout des choses quand j’écris.
Aujourd’hui, tout ce que j’écris est en quelque sorte un hommage que je lui rends, comme un remerciement pour m’avoir permis de trouver ma voie.

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En 2005, Ophélie Mesturoux avait eu l’occasion de rencontrer celui qui resterait son mentor, Pierre Bottero. (Crédit : Facebook/OphelieAuteur)

JM : Comment écrire quelque chose de différent dans un genre qui est écrasé par les cadres posés par quelques maîtres ? Comment faire pour s’arracher de l’influence d’un Tolkien, d’une Rowling, d’un Pratchett ?

C’est très difficile c’est sûr. Aujourd’hui, quoi qu’on écrive, les gens vont repérer des influences d’autres auteurs voire hurler au manque d’originalité. Mais il est quasiment impossible d’écrire quelque chose qui ne soit inspiré de rien. Chaque auteur a ses références, ses univers fétiches et il est normal que, consciemment ou non, ces influences ressortent.
Cependant, il faut que cela reste marginal. Et même si le cadre d’un genre littéraire est souvent prédéterminé, il faut savoir amener sa propre originalité à l’histoire et à ses personnages, créer des idées neuves ou peu développées ailleurs. Il faut savoir poser les limites de l’influence de ses prédécesseurs afin de créer son propre univers avec ses propres règles.

JM : Comment se fait-on remarquer aujourd’hui dans un monde de l’édition sur-saturé ?

Quand on est un auteur débutant, surtout dans la littérature de l’imaginaire, on ne peut pas compter sur les médias classiques, qui n’en ont que pour les grands pontes de la littérature contemporaine. Les magazines spécialisés, que ce soit à la télé ou dans les revues papier, ne parlent que très rarement de livres fantastiques ou fantasy… sauf pour présenter son adaptation en film ou pour tenter de comprendre pourquoi ça a du succès. Mais avant qu’un de ces livres ait du succès, ils n’en parleront pas.
Du coup, tous les jeunes auteurs utilisent internet, qui est un formidable outil de bouche à oreille ! Les blogueurs littéraires et les booktubeurs (ou plutôt blogueuses et booktubeuses car il s’agit d’un milieu essentiellement féminin) sont de merveilleux atouts pour faire connaître son livre. Leurs articles sont lus ou leurs vidéos regardées parfois par des milliers d’internautes et, si leur critique est bonne, sur le lot, certains seront forcément intéressés pour lire le livre en question.

JM : Auteur est un métier difficile. Avez-vous déjà des conseils pour les gens qui rêvent d’écrire ?

L’idéal est d’écrire tous les jours, ne serait-ce qu’un peu. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire mais c’est pourtant ce qu’il faudrait. Écrire, c’est comme une discipline sportive qui nécessite de l’entraînement. L’imagination est un muscle qu’il faut faire travailler au quotidien.
Ensuite, il faut écrire ce qu’on aime, ne pas s’occuper des préjugés. Et ne pas forcer les idées à venir. Rester des heures assis devant une page blanche n’aidera pas. Ça peut sembler contradictoire avec le fait d’écrire tous les jours mais, au final, je pense qu’il vaut mieux ne pas écrire pendant deux jours plutôt que de se rendre malade face à des idées qui ne viennent pas. Pour donner une idée du temps que ça peut prendre pour sortir un livre, cela fera deux ans en janvier que l’idée m’est venue. La simple écriture du Destin des Âmes a duré six mois. Après il y a eu de nombreuses heures de correction bien évidemment. Et encore, par rapport à d’autres auteurs et d’autres livres, ce n’est pas beaucoup !

JM : D’autres projets en prévision ?

Oui, j’ai commencé un nouveau roman intitulé Une plume en deuil, un mélange d’autobiographie et de surnaturel. J’ai également des idées pour une suite au Destin des Âmes car, même si l’histoire se termine, j’ai laissé certaines choses en suspens, justement dans l’optique de faire un second tome.

Ophélie Mesturoux sera en séance de dédicace à la libraire La Croisée de Beynat (19) le 2 octobre, au salon Livre & Toiles au centre commercial Corgnac de Limoges (87) le 7 et 8 octobre et à la Foire du Livre de Brive (19) le 4, 5 et 6 novembre.

Cassie GODIN

Toutes les photos : ©Courtesy of Ophélie Mesturoux

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