Turquie : rentrera ou rentrera pas dans l’Union Européenne ?

La Turquie est au cœur de l’actualité de ces derniers mois. Une actualité malheureusement triste avec, à son paroxysme, la tentative de coup d’Etat du 15 juillet et ses conséquences, qui inondent les timelines de Twitter. Épuration de l’administration et des médias, répressions sévères ou possible rétablissement de la peine de mort, l’Anatolie semble s’éloigner de plus en plus de son rêve d’intégration de l’Union Européenne au lendemain du putsch.

Démocratie, coup d’Etat et dictature ? 

En réponse aux 290 morts causés par le putsch à la mi-juillet, Recep Tayyip Erdogan a démarré une épuration massive allant de l’administration jusqu’au football en passant par son propre parti politique et le monde de l’économie.

Au total, 18 000 personnes ont été placées en détention et 50 000 passeports ont été confisqués. Les limogeages se poursuivent avec un bilan de 66 000 employés du secteur public mis à pied depuis le 15 juillet. Cependant, le grand ménage ne s’arrête pas là. Les médias ont été massivement touchés par la mesure de suppression (17 journalistes ont été écroués et 130 médias ont fermé) faisant de cette purge, une puissante mesure antidémocratique !

La Turquie a « quelques » problèmes avec la démocratie, et ce n’est pas nouveau. En 2013 les répressions effectuées par le gouvernement contre les manifestants venus défendre la destruction du Park Taksim Gezi avaient faites scandales (bilan : plusieurs morts et plus de 4000 manifestants blessés). Plus récemment l’assassinat d’un réfugié syrien en raison de son homosexualité vient alourdir le portrait d’une Turquie autoritaire et intolérante. Ce rajoute à cela la fâcheuse tendance du régime à emprisonner de journalistes (comme Erol Önderoglu, représentant RSF en Turquie emprisonné pour « propagande terroriste » et libéré il y a peu grâce à la pression des pays internationaux). Ainsi, la Turquie ne fait pas l’unanimité sur la question du respect des droits fondamentaux et c’est particulièrement ce non-respect du droit international qui lui cause tant de mal pour entrer dans l’Union Européenne.

D’ailleurs, pour ou contre, quels sont les arguments ?

Cela fait bientôt 30 ans que la Turquie a formellement déposé sa candidature pour une adhésion à l’Union Européenne et depuis le débat est virulent.

Le récent coup d’Etat et les réponses apportées par son président ont soumis la possible adhésion du pays à rude épreuve. Voici un petit récapitulatif des arguments utilisés dans le débat sur l’entrée du pays.

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La crise migratoire au cœur des négociations entre l’Union européenne et la Turquie

Le 18 mars 2016, l’Union Européenne et la Turquie ont convenues d’un accord pour réguler la crise migratoire. Il est question d’envoyer les réfugiés en situation irrégulière de la Grèce en Turquie « dans le respect du droit ».

« 3 milliards d’euros avaient déjà été prévus. Et ces 3 milliards seront des équipements pour les réfugiés, ce seront des actions d’éducation pour les enfants de réfugiés, ce seront des infrastructures pour assurer la vie, la dignité de la vie des réfugiés », détaillait François Hollande à Bruxelles au soir de la signature de cet accord.

Cette prise en charge des réfugiés par la Turquie (contre faveur de la part de l’Union européenne) pèse lourd dans le débat pour son acceptation au sein du groupe européen. Et malgré les crises traversées depuis mars, l’accord tient toujours entre les deux entités, mais pour combien de temps ? Si l’Union européenne ne cède pas aux demandes d’Ankara négociées lors de la signature de l’accord pour la régulation de la migration (à savoir l’accélération du processus d’étude de sa candidature et la création de visas Schengen pour les résidents trucs) celui-ci a menacé l’union d’annuler leur accord…

« L’Europe ne devrait en aucun cas être victime de chantage. Et nous devons tenir compte du fait qu’un pays qui envisage de ré-établir la peine de mort par la force ne peut que s‘éloigner radicalement de l’Europe et les négociations sur l’adhésion à l’UE deviennent dans ce cas inutiles », a réagi le ministre allemand de l’Economie il y a trois jours.

Ainsi, l’Union Européenne se retrouve divisée sur la question de l’entrée de la Turquie : pour ou contre, telle est la question.

Au-delà des problématiques d’élargissement et de possibles conséquences sur l’Union européenne, les questions liées à la prise en charge des réfugiés ou encore à la purge générale effectuée par le président Erdogan et au glissement du pays vers la dictature, inscrivent le débat européen dans un contexte plus large, celui du climat géopolitique mondial.

Léa GORIUS

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2 réflexions sur “Turquie : rentrera ou rentrera pas dans l’Union Européenne ?

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