L’Australie ou le pays de la diversité culturelle

Surf, kangourous, koalas, boomerangs, mygales, l’Australie, située à l’autre bout de la planète fait rêver (ou peur, je pense aux mygales), mais malgré son éloignement géographique, ce pays entretient des liens culturels très forts avec les pays européens, bien plus que je ne l’imaginais. Cet article n’est qu’un ressenti personnel vis-à-vis de la culture australienne. Il convient qu’une personne ayant travaillé dans une ferme dans le bush australien n’aura pas forcément le même avis.

Après une escale à Dubaï et près de 24 heures de vol, je croise un ibis dans la rue, des cacatoès volent au dessus de moi. Pas de doute, je suis bien en Australie et plus précisément à Sydney. Oui, l’Australie, c’est très grand, plus de 7 000 000 km². Déjà qu’en France, le débat fait rage entre pain au chocolat et chocolatine, je vous laisse donc imaginer la diversité culturelle, les différents accents possibles qui peuvent exister dans un pays faisant 10 fois la taille de la France. Cet article dépend donc de mon expérience personnelle en Nouvelle-Galles du Sud, dans les environs de Sydney, et n’englobe donc pas toutes les régions de cet immense pays.

L’Australie, so British !

Avant tout, bien que vous puissiez croiser une iguane dans votre jardin et rencontrer des loriquets dans la rue, rappelons que pour le côté moins exotique, l’Australie fait partie du Commonwealth britannique. A ce titre, le chef du pays n’est autre que… la reine d’Angleterre, même si elle n’a qu’un rôle symbolique.

Cette empreinte britannique est néanmoins présente : l’importance du thé, la conduite à gauche, le système politique (avec quelques différences tout de même) et … l’accent. Alors certes, l’accent australien oscille entre l’anglais américain et l’anglais britannique, mais les marques du British English restent prédominantes, même si les films et la culture américaine influencent énormément la langue.

Pour l’anecdote, je me souviens d’une enfant de huit ans, ayant prononcé le chiffre vingt à l’américaine  [tweny], se faire immédiatement reprendre par sa grand-mère. Celle-ci lui fait remarquer que c’est bien « twenty, with a T » comme le ferait tout bon Britannique.

Au revoir « trunk », « french fries », « sweater » et « vacation » et bonjour « boot », « chips », « jumper » et « holidays ». Au cours de mon séjour, j’ai pu constater deux types d’accents, celui très proche de l’accent britannique et celui beaucoup plus nasillard où les syllabes sont plus contractées. Cependant, vu que je suis dans une zone résidentielle plutôt urbaine, je ne me prononcerai pas sur les zones plus rurales et reculées  de l’Australie.

De cette tradition d’Outre-Manche, l’Australie a également gardé les écoles  non-mixtes, le port de l’uniforme (NB : certaines écoles sont mixtes et ne pratiquent pas le port de l’uniforme, mais il est courant de rencontrer dans la rue des élèves sortant de l’école en uniforme) et la lunch box.

Cependant, l’Australie reste un pays cosmopolite. Ce pays récent, est né de l’immigration dès la fin du XVIIIe siècle, des bagnards aux réfugiés de guerre. Par conséquent, il n’y a pas LA culture australienne, puisqu’un Australien peut être issu de tellement de nations différentes et donc d’influences culturelles diverses. Cette pluralité généalogique crée leur identité. Ainsi, comme aux États-Unis, il est courant d’entendre une personne affirmant qu’elle est à tant de pourcents anglaise, irlandaise et allemande.

Quant aux médias et à la presse, le principal journal national est The Australian. S’y ajoutent de nombreux titres locaux comme The Sydney Morning Herald et The Daily Telegraph (publiés tous deux en Nouvelle-Galles du Sud). L’actualité prend une grande place à la télévision : en plus des nombreuses chaines d’information en continu (ABC News, Sky News), des séquences info tombent parfois pendant la coupure publicitaire (des publicités qui, soit dit en passant, sont particulièrement nombreuses) au milieu d’un film (Seven).

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Quelques journaux australiens

Manger et courir, aussie as possible

L’Australie n’a pas de réel plat local, même si vous pouvez trouver de la viande de kangourou au menu des restaurants, cela n’est pas réellement une pratique courante dans la vie quotidienne des Aussies. Les familles australiennes consomment beaucoup d’agneau, au vu des nombreux élevages de moutons en Australie et en Nouvelle-Zélande. Petite mention spéciale tout de même à quelques produits locaux : le milo, une poudre chocolatée à mélanger avec du lait ou de l’eau et la célèbre vegemite. Il s’agit d’une pâte à tartiner à base de levure au goût pour le moins … spécial. La culture américaine a fait du beurre de cacahuète une des bases de la vie quotidienne américaine. De par sa proximité avec l’Asie, les restaurants et la nourriture asiatiques sont également omniprésents.

Quant au sport, le surf –bien sûr- et malgré l’hiver austral, les plages de Manly et Bondi comptent tout de même de nombreux adeptes de la planche. L’Angleterre a importé son cricket et les Australiens ont développé leur propre football.

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Les surfeurs sur la plage de Manly

Les Australiens, surtout dans les zones urbaines, sont très intéressés par la nourriture sans gluten, l’agriculture biologique, les petits marchés locaux. Une mesure peut être prise en contrepied des pesticides et engrais utilisés en masse en Australie. Surprise ! On trouve des boulangeries comme nous les connaissons en France. Ne ne vous attendez pas à la bonne baguette de votre boulanger préféré, le pain n’a pas exactement le même goût, mais ils ont tout de même le mérite d’en avoir. Les gâteaux sont à base de crème, comme le sont les gâteaux américains et vous retrouvez facilement cette culture du take away (à emporter).

Les Aborigènes, les « oubliés » ? 

Enfin, n’oublions pas que l’Australie c’est aussi le pays de la culture aborigène. Boomerangs et didgeridoos sont en vente dans toutes les boutiques de souvenirs. Toutefois, c’est une communauté laissée en marge de la société, touchée par le chômage, la pauvreté et l’alcoolisme. Les droits des Aborigènes ont été difficilement reconnus, leur intégration reste compliquée. A Canberra, la capitale fédérale de l’Australie, vous pouvez voir devant l’Old Parliament House une ambassade aborigène faite de bric et de broc. Une ambassade plutôt symbolique, afin de montrer la présence de la culture et des communautés autochtones dans le pays. Les révélations dans la presse des violences exercées contre des prisonniers mineurs dans une prison de Darwin (Territoire du Nord), massivement aborigènes, relancent la question de l’intégration et des droits des Aborigènes. Des manifestations se sont tenues à Melbourne et à Sydney.

Afin de promouvoir l’histoire aborigène, l’Australie tente par divers moyens de raviver les mémoires et de ne pas oublier les racines de cette culture ancestrale. C’est le cas de tous les musées qui se doivent de l’évoquer et de la présenter, des livres, mais aussi d’une compagnie de danse, Bangarra Dance. Elle mêle à ce titre la danse aborigène à la danse contemporaine et narre l’histoire de leur terre.

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The Little Red Yellow Black Book se présente  l’histoire, la culture et les coutumes aborigènes.

Pour finir, les Australiens ne sont pas des gens stressés, plutôt détendus. Alors comme ils le disent si bien « No worries, enjoy your life ! » 

Laurine LASSALLE

(Crédit photo : L. Lassalle)

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