Me Before You : hymne à l’amour… et à la vie

À première vue, c’est une comédie romantique comme une autre. Deux personnages très différents liés lors d’une rencontre improbable, cela s’est vu un bon million de fois. Pourtant, Me Before You refuse les classiques du genre. A travers l’image d’une histoire à l’eau de rose, ce film aborde tout en douceur des sujets bien plus graves : le handicap, le débat sur la fin de vie assistée, le changement.

Me Before You (Avant toi) est adapté du livre éponyme de Jojo Moyes, paru en 2012. Le synopsis, simplet au premier abord, tient néanmoins toutes ses promesses. Louisa « Lou » Clark est une jeune fille ordinaire et joyeuse, à la recherche d’un job dans un patelin de l’Angleterre profonde qu’elle n’a jamais quitté. Elle devient alors l’employée d’un homme tétraplégique, Will Traynor. Jusque-là businessman accompli et intrépide, son accident l’a rendu cynique et malheureux, au point qu’il veuille mettre fin à ses jours. Lou n’a que six mois pour lui redonner goût à la vie.

Une distribution réussie

Il s’agit du premier film de la réalisatrice Thea Sharrock, qui s’en tire admirablement bien. Le casting, particulièrement alléchant, est à lui tout seul un argument pour aller voir ce drame : Sam Claflin (Hunger Games) et Emilia Clarke (Game of Thrones), secondés par Matthew Lewis (Harry Potter), Jenna Coleman (Doctor Who) et Charles Dance (Game of Thrones). Des acteurs connus qui ne gâchent pas la fraîcheur du film. Au contraire, Matthew Lewis est à lui tout seul la touche de balourdise, tandis que Charles Dance est une fois de plus étonnant, dans un rôle sérieux et malgré tout touchant.

La performance de Sam Claflin est impressionnante. Héros courageux dans Hunger Games, garçon désinvolte dans Love Rosie, étudiant prétentieux dans The Riot Club, il nous montre désormais une autre facette de son talent. La justesse de son jeu est remarquable, au point que les spectateurs vivent avec lui sa douleur, son impuissance, sa tristesse. Emilia Clarke, crédible dans son personnage de jeune provinciale innocente, force tellement la niaiserie du personnage qu’elle en devient parfois agaçante. Pourtant, entre les deux, l’alchimie est là, à n’en pas douter.

Petit bonus : la bande-originale du film est excellente. Entre X Ambassadors et Cloves, Thea Sharrock s’est aussi offert le luxe de collaborer avec des artistes internationalement connus : Imagine Dragons et Ed Sheeran.

Un film… à pleurer ?

Sans surprise, le scénario est fait pour vous faire verser des larmes (et de préférence, vous noyer dedans). Néanmoins, ne pensez pas qu’il s’agit d’une tragédie pénible et quelconque : le film se veut d’abord léger et mise aussi sur les rires qu’il saura, à coup sûr, vous décrocher. L’histoire est certes un peu cousue de fil blanc, mais le spectateur passe un bon moment. C’est là tout le talent de la réalisatrice : ne pas tomber dans le pathos en abordant des thèmes difficiles. L’histoire entre Lou et Will, élément fondamental du film, est surtout un prétexte pour traiter le sujet du handicap et de la fin de vie assistée. Le combat de Lou pour redonner l’envie de vivre à Will est un parfait exemple de ce que vivent des centaines de personnes au quotidien. Combien de gens se battent pour un proche malade ? Combien subissent le regard des gens sur leur handicap ? Combien souffrent, tout simplement ?

Le sujet est lourd, très lourd. A l’image d’Intouchables, mais de manière plus romantique, Me Before You parvient à faire ouvrir les yeux sur un thème dont on parle rarement. Plus que ça, le film parvient à toucher les gens. Sentiment étrange quand vous sortez de la salle de cinéma : à la fois, ce film est « feel-good », mais surtout, il vous retourne de l’intérieur. Me Before You est un paradoxe. Joyeux et triste, léger et grave, agréable sans être le film de l’année.

Si, lorsque le générique apparaît, vous restez sur votre faim, sachez que Jojo Moyes a déjà écrit la suite de Me Before You, dans un livre intitulé After You (Après toi), paru en 2015. Pour le moment, aucune adaptation n’est prévue… Mais qui sait, le succès du premier film pourrait peut-être changer cela !

Cassie GODIN

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