L’assassinat des deux policiers de Maganville : paroxysme de toutes les craintes ?

Lundi 13 juin au soir, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, ont été tués par Larossi Abballa alors qu’ils se trouvaient à leur domicile à Magnanville dans les Yvelines. Ils laissent derrière eux un fils de trois ans.

Ce double meurtre, aussi effroyable soit-il, a très vite été revendiqué par l’État islamique, et donc perpétré par « un soldat du Califat ».

Des meurtres individuels, nouvelle stratégie pour Daesh ?

D’Orlando à Magnanville, les actes terroristes perpétrés ces derniers jours sont dits « isolés » et revendiqués immédiatement par l’EI. En effet, l’organisation terroriste avait appelé ses sympathisants en Europe, aux USA et dans l’Occident d’une manière plus générale, à agir pendant la période du ramadan. Le contexte est à relever ici, puisque l’État Islamique rencontre, en ce moment des difficultés militaires en Irak, en Syrie et en Libye. Les attaques en Occident, grâce à leur écho médiatique, permettent de donner de l’importance à Daesh et de leur apporter un semblant de victoire contre l’Occident, ce qu’ils ne trouvent pas sur le terrain. Rappelons que Larossi  Abballa et Omar Mateen ont prêté allégeance à l’État Islamique quelques semaines voire quelques minutes avant de passer à l’acte. La stratégie de Daesh est de leur demander de passer à l’action quand ils le peuvent sans pour autant prendre contact de manière tactique avec la cellule islamique en Syrie ou en Irak : explicitement on les invite à tuer dès qu’ils en ont l’occasion, ce qui s’est d’ailleurs déroulé ces derniers jours. L’allégeance à l’État islamique est donc nécessaire puisqu’elle permet de relier les actes à l’organisation, sans qu’elle ne l’ait pour autant organisée.

La nécessité d’une « communion » autour des forces de l’ordre :

Hormis le fait que cet assassinat ait été revendiqué par Daesh, il est le second attentat à toucher des policiers, depuis le 7 janvier 2015. Toutefois, la particularité de ce dernier est que les forces de l’ordre étaient directement visées.

Cela fait quelques semaines déjà que de nombreuses grèves agitent le pays et amènent des confrontations entre manifestants et policiers/gendarmes. Récemment, des vidéos chocs ont pu tourner sur les réseaux sociaux cherchant à montrer une dégradation de l’image des forces de l’ordre, mais aussi montrant une volonté certaine de rabaisser le symbole d’autorité qu’ils véhiculent.

Cet acte terroriste a ainsi posé un certain nombre d’interrogations ces derniers jours, aboutissant à la nécessité d’une communion populaire autour des forces de l’ordre. François Hollande a profité de sa présence à l’OCDE de Paris pour livrer un discours, en évoquant principalement le fait que Larossi Abballa :

« avait lui-même voulu que son acte puisse être reconnu comme terroriste et l’organisation dont il se réclamait a elle aussi revendiqué l’acte ».

Sur Twitter, Manuel Valls a mis en avant « la solidarité de toute la nation aux policiers ».

Nicolas Sarkozy a quant à lui réagit :

« En s’attaquant à des fonctionnaires de police pour ce qu’ils sont, en utilisant les moyens de la terreur, c’est la République qui est visée et la nation entière qui est prise pour cible ».

L’horreur du direct

L’auteur du meurtre des deux policiers a mis son crime en ligne sur son profil Facebook après avoir filmé l’horreur.

larossi-aballa-facebook.jpg
@Capture d’écran de la vidéo Facebook du terroriste

Selon le journaliste David Thomson, Larossi Abballa a utilisé l’application Facebook Live pour revendiquer ses meurtres. Cette application, beaucoup utilisée en ce moment, permet de diffuser tous les faits et gestes accomplis en direct sur son profil Facebook. La vidéo, dans laquelle l’homme se met en scène, dure 13 minutes et 15 secondes. Elle a été postée à 20h52. Le compte du terroriste a depuis été désactivé.

Au delà de la vidéo en direct, le terroriste poste également des photos de ses victimes. On y retrouve toute la noirceur et le morbide du terrorisme. Notamment lorsque Larossi Abballa pose avec le bébé du couple en se demandant quoi en faire. Ces images ont d’ailleurs été le leitmotiv de l’intervention du RAID.

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@Capture d’écran du compte Twitter de David Thomson

Une menace qui plane pour l’euro ?

Pendant que les matchs continuent et les Fans Zones restent ouvertes, l’ampleur de l’acte terroriste de Larossi Abballa glace les français. En effet, les menaces faites par l’assaillant ont été avant tout proférées contre l’Euro.

Ainsi, le tueur affirme en se filmant :

« Nous ouvrons les portes du djihad sur votre territoire. Pensez-vous que nous allons rester inattentifs. (…) . On vous réserve d’autres surprises, pour l’Euro ».

Il finit par ajouter avec un sourire glaçant :

« Je vous en dis pas plus. L’Euro sera un cimetière« .

L’UEFA s’était pourtant résignée quelques mois auparavant, à la suite des attentats de Bruxelles, à annuler des matchs en cas de fort potentiel terroriste, mais à les reconduire dans des endroits clos et hautement sécurisés. Doit-on s’attendre à vivre un mois dans la crainte de nouveaux actes terroristes ?

Sarah Ouagueni

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