Balmain : l’élégance à la française

Aujourd’hui, Jollies Magazine vous propose de découvrir l’histoire de la maison de couture Balmain, véritable icône internationale de l’élégance à la française.

Pierre Balmain, l’élégance à la française

Né en 1914 à Saint-Jean-de-Maurienne, rien ne prédestinait Pierre Balmain au monde de la mode. Sa mère le rêvait notaire, mais lui se voyait plutôt architecte. C’est finalement en tant que couturier qu’il connaît la gloire.

Il débute sa carrière en 1934 chez Molyneux, maison de couture anglaise, qu’il quitte en 1939 pour rejoindre Lucien Lelong.  C’est là qu’il rencontre Christian Dior, avec qui il devient ami. Très vite, il est forcé de mettre entre parenthèse son amour de la couture lorsqu’il est mobilisé entre 1939 et 1941 pour la Seconde Guerre Mondiale. À son retour chez Lucien Lelong, le déclic est là. Il crée Petit Profit ! une robe noire en crêpe, simple, qui n’était pas du goût de Lucien Lelong. La robe est pourtant un véritable succès et se vend à 300 exemplaires.

D’assistant à créateur réputé de la Maison Balmain

Fort de sa réussite, Balmain se lance en 1945 et ouvre sa propre maison de couture avec l’appui de sa mère et d’ouvrières de chez Balenciaga, au 44 rue François Ier dans le 8ème arrondissement de Paris. Après la guerre, la vie mondaine reprend son cours et en octobre 1945, il présente sa première collection de haute-couture. Les tailleurs et les robes s’adaptent parfaitement aux formes du corps des femmes, les modèles sont élégants et les tons foncés et sobres. La collection est immédiatement saluée par la presse et les amies du couturier.

A chacun de ses défilés, le gratin français se presse dans la maison Balmain. Rapidement, il devient le créateur à la mode, digne représentant de l’élégance à la française. Son talent le fait voyager : les stars de cinéma, du théâtre, les reines ou encore les princesses du monde entier lui font confiance pour les habiller. Parmi elles, Marlene Dietrich, Audrey Hepburn, Brigitte Bardot ou encore Sophia Loren. Il exporte le savoir-faire à la française à travers le monde.

Des vêtements aux parfums

Suite au succès de sa première collection de haute couture, Balmain, qui considère le parfum comme “le prolongement naturel de l’élégance féminine” (Un siècle de mode, Catherine Örmen, 2013) lance ELYsées 64/83  – les deux nombres correspondant à la fin du numéro de téléphone de sa maison de couture -. En 1947, c’est Vent Vert qui voit le jour et, en 1949, Jolie Madame, le parfum emblématique de la maison de couture – mondialement connu -, symbole international, avec sa collection éponyme, des années 50.

Jolie Madame, l’apogée de la maison de couture

Jolie Madame, c’est aussi le nom de sa collection Automne-Hiver 1952-1953. Cette dernière est, à elle seule, le symbole des années 50. Balmain a imaginé, pour le jour, des tons neutres : blanc, sable, taupe, gris… sur des robes qui épousent la silhouette. Mais pour le soir, les couleurs éclatent grâce aux pierres précieuses : rubis, améthyste, saphir, etc., qui se marient à la perfection avec la dentelle et le tulle, romantiques à souhait.

Les nouveaux tailleurs marquent la taille et englobent les hanches grâce à des jupes crayons. Les vestes sont courtes et boutonnées et mettent en valeur les silhouettes féminines tout en étant pratiques. Une révolution pour les femmes, qui peuvent être stylées et confortables. 

En 1948, Pierre Balmain recrute Erik Mortensen, qui devient directeur artistique de la Maison en 1960. Balmain révèle également au monde le talent de Karl Lagerfeld. Repéré au Concours international de la Laine, où le créateur est membre du jury, il engage le jeune Karl comme assistant de 1955 à 1962. La maison se développe un peu plus à chaque nouvelle collection. Jolie Madame est un tel succès qu’avec l’aide de sa nouvelle équipe, onze autres collections Jolie Madame la suivent. Le style de la Maison évolue peu à peu, et à la fin des années 50, les vêtements sont plus simples et épurés.

Un changement de style

Dans les années 1960, Balmain rompt définitivement avec l’image de Jolie Madame. La géométrie est tendance, les manteaux ont de larges épaules et arrivent un peu au dessus du genou. La Maison s’inspire des saris pour les tenues du soir, et c’est la naissance du mouvement Empire : la taille est marquée sous la poitrine. Puis, plus les années passent, plus Balmain se permet de “folies” : un bouton disproportionné par rapport aux autres, des volumes excessifs, tout en gardant son sens exquis de la proportion. Les jupes deviennent droites, au dessus du genou et les motifs géométriques, omniprésents.

Dans les années 70, Pierre Balmain tente d’apporter de la modernité à sa maison de couture, restée bloquée dans le classique des années 50.

Mort de Pierre Balmain et succession de créateurs

A la mort de Pierre Balmain, en 1982, il est remplacé par son fidèle ami Erik Mortensen. Sa ligne conductrice ? Des tenues sophistiquées, dont les couleurs sont chic le jour et recouvertes de broderies le soir. Entre 1990 et 2011, Hervé Pierre qui rajeunit l’image de la Maison, Oscar de la Renta qui l’ouvre aux Américaines et Christophe Decarnin qui relance le prêt-à-porter se succèdent.

L’ère Olivier Rousteing

En 2011, à tout juste 25 ans, Olivier Rousteing est nommé directeur artistique de la Maison. Son premier défilé, en octobre 2011 est composé de vestes à épaulettes, de broderies et de jambes dévoilées. Parfait mélange entre passé et présent, la collection est un renouveau pour la marque. Depuis, ces pièces font le succès de la marque. Olivier Rousteing utilise son image sur les réseaux sociaux pour promouvoir la Maison en posant avec des célébrités telles que Kim Kardashian, Beyoncé ou encore Rihanna.

En 2015, il choisit de collaborer avec la marque suédoise de prêt-à-porter et propose les caractéristiques mythiques de Balmain sur des pièces accessibles à toutes. La queue le jour du lancement, l’épuisement du stock en moins d’une journée, les stars du net et les « madame-tout-le-monde » qui se sont arrachées la collection montrent que la collaboration est sans doute l’une des plus réussies d’H&M. De quoi donner un souffle nouveau à la marque et rappeler à tous que Balmain est, et restera, la Maison de l’élégance à la française.

Camille BRONCHART

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