Crash Egyptair : des circonstances encore mystérieuses

Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mai, un Airbus A320 de la compagnie EgyptAir a disparu des écrans radar, 16 kilomètres après être entré dans l’espace aérien égyptien. L’appareil transportait 66 personnes, et ni la piste de l’accident ni de l’attentat n’ont encore été écartées.

Quelles sont les informations connues pour le moment ?

Après un décollage à 23h09 de Paris, le vol MS804 était annoncé pour 3h15 au Caire (heure locale). Cependant, alors qu’il se trouvait au-dessus de la Méditerranée, au large de l’île grecque de Karphatos, l’avion aurait brutalement chuté dans sa course, passant de 11.000 à 4.300 mètres avant de disparaître des radars, à 2h39. La nouvelle a été annoncée sur Twitter par la compagnie aérienne Egyptair, tôt dans la matinée du jeudi 19 mai.

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56 passagers et 10 membres d’équipages se trouvaient à bord de l’appareil, dont 3 jeunes enfants. L’enquête a révélé que le pilote et le co-pilote étaient tous deux expérimentés, avec respectivement plus de 6200 et 2700 heures de vol à leur actif.

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Au moment du drame, aucun appel de détresse n’a été émis par l’équipage : le dernier contact, entre l’avion et des contrôleurs grecs, date de 2h05, et aucun problème n’avait alors été signalé par le pilote, qui avait même été jugé comme étant « de bonne humeur », selon l’aviation civile grecque.

Jeudi 19 mai, vers 15h, le ministère grec de la Défense annonce avoir trouvé des débris de l’avion, et les gouvernements français, grec, turc et égyptien, joints plus tard par les Etats-Unis, affirment leur intention de participer aux recherches. L’armée grecque précise avoir localisé deux pièces en plastique blanches et rouges, de grandes tailles, flottant au large de la Crête. Peu avant 19h, Ahmed Adel, vice-président d’Egyptair, notifie la découverte de l’épave du vol MS804. Les autorités égyptiennes et grecques se sont cependant rétractées quelques heures plus tard, à 21h : « Ce qui a été retrouvé n’appartient pas à un avion » a indiqué le président du Comité grec de sécurité aérienne.

Comment expliquer le crash du vol MS804 ?

Les raisons du crash de l’avion restent, à cette heure, encore mystérieuses. Plusieurs pistes semblent pointer vers l’hypothèse d’un acte terroriste, bien que l’incident technique ne puisse être à ce stade totalement exclu. Chérif Fathy, ministre égyptien de l’Aviation civile, estime l’acte terroriste comme la solution la plus probable.

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Le calme du pilote au moment de son dernier contact avec les contrôleurs grecs, de même que l’absence d’appel radio demandant de l’aide, laisse suggérer un « événement brutal » pour Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d’Enquêtes et Analyses (BEA), interrogé aux micros d’Europe 1. L’accident « laisse penser à un attentat », a-t-il souligné, « l’équipage n’a pas réagi », ce qui n’aurait pas été le cas dans l’hypothèse d’une défaillance technique type panne de moteur, qui aurait laissé le temps au pilote de lancer un appel de détresse. Egalement, l’appareil, mis en service en 2003 par la compagnie Egyptair, ne présentait pas de problèmes techniques ou cargaisons spéciales notifiées, et était à sa cinquième liaison de la journée. La probabilité d’une action à bord terroriste semble largement envisageable et envisagée, et ne serait pas la première : on se souvient du crash de l’Airbus A321 russe dans le Sinaï le 31 octobre 2015, attentat revendiqué le jour même par l’Etat Islamique. La piste d’une bombe posée à l’intérieur de l’avion est donc considérée : les nombreuses liaisons de l’appareil au cours de la journée du mercredi ont été entrecoupées de courts arrêts dans les différents aéroports, après lesquels aucune fouille de sécurité de l’appareil n’est organisée. L’avion reste en place sur l’aérogare le temps d’être chargé et de repartir, parfois durant une heure seulement. Reste aussi la thèse d’un missile « sol air », peu probable pour Bertrand Vilmer, expert aéronautique : « au vu de la position de l’appareil, il aurait fallu mettre le dispositif [de tir] sur un bateau« .

Pour autant, la prudence est encore de mise et « aucune hypothèse ne doit être écartée », a déclaré François Hollande. Au départ du vol, aucun des passagers n’avait soulevé la moindre préoccupation sécuritaire : « des vérifications sont en cours », a affirmé Chérif Fathy, ministre égyptien de l’Aviation civile. L’émission d’un appel radio d’aide venant de l’appareil a été abordée par quelques médias, dont Fox News : annonce réfutée par l’armée égyptienne et la compagnie Egyptair.
Pour Jean-Paul Troadec, la réalité d’un attentat ou d’un accident se fera savoir rapidement : « ce genre d’attentat, si s’en est un, est revendiqué ».

Axelle BOUSCHON

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