Études : à l’étranger comment ça se passe ? (1)

Vous êtes-vous déjà demandé ce que c’était vraiment d’étudier à l’étranger ? Une de nos rédactrices est partie étudier en Écosse. Elle vous raconte aujourd’hui, à la première personne, chaque étape de son parcours, de l’idée à la réalisation.

En septembre 2014, j’ai commencé des études de politique et relations internationales à Aberdeen, en Ecosse. Attirée comme bien d’autres par un enseignement différent, une envie d’aventure, de s’immerger dans un monde si différent mais si proche, une autre culture, une autre langue.

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Alors comment se décider ?

Tout ce processus montre que choisir de partir après le Bac demande d’y réfléchir bien à l’avance, d’être sûr d’en avoir envie et d’être organisé pour ne pas tout faire au dernier moment. Le mieux est de commencer à y penser en Première pour savoir ce que vous devez faire en Terminale et ne pas vous laisser déborder par les bacs blancs, les inscriptions, les révisions, les DS, DMs…

Plusieurs facteurs rentrent en compte, dont peut-être le plus important, votre niveau en langue. Si vous baragouinez l’anglais, vous ne pourrez pas suivre des cours, écrire des essays, participer aux cours et à la vie du campus.  Beaucoup d’universités britanniques exigent donc un niveau C1. Avoir fait une section européenne, internationale ou avoir passé du temps dans un pays anglophone est donc un énorme plus.

Il y a aussi le financement. En Ecosse les étudiants européens peuvent postuler auprès du SAAS, le gouvernement écossais, pour étudier « gratuitement », ils n’auront pas de frais à payer (il en est de même pour les étudiants européens en République d’Irlande). En Angleterre et au Pays de Galles, les frais d’universités, « fees », s’élèvent à £9000 et en Irlande du Nord à environ £4000. Le logement, nourriture et autres sont aussi à prendre en compte, mais les prix varient énormément en fonction des villes, tout comme en France.

Et puis il faut surtout l’envie et la volonté de s’envoler pour 3 à 4 ans dans un autre pays et d’y suivre tout un cursus universitaire. Il sera plus facile pour quelqu’un qui a envie d’exercer un métier qui « bouge », tourné vers l’international, de partir faire ses études hors de France. De même, certaines universités britanniques ont une excellente réputation dans certains domaines. Si vous voulez étudier dans une université mondiale, il faudra peut-être vous expatrier.

Comment postuler ?

Tout d’abord il faut vraiment rechercher les universités et les cursus proposés, il y en a énormément. Le mieux est de pouvoir se déplacer, d’aller aux portes ouvertes ou bien de demander une visite individuelle de l’université. Les recruteurs sont très accessibles, il suffit d’envoyer un mail pour demander si c’est possible et ils arrangeront une visite quand vous êtes disponibles ! Il ne faut pas hésiter à demander des renseignements sur les cursus, les conditions d’admission etc. Les Britanniques ont un peu l’équivalent de notre APB, l’UCAS, qui permet de choisir jusqu’à 5 établissements. L’inscription est payante et le nombre de vœux très limité, comparé à la France, mais c’est beaucoup plus « poussé ». Il faut en effet rentrer tout un tas d’informations : noms, prénoms, date de naissance et adresse bien évidemment, mais aussi les écoles fréquentées, les résultats du Brevet, une lettre de motivation et une lettre de recommandation d’un prof, ainsi que des estimations de vos futurs résultats de bac (donnés par votre prof, vous n’y avez pas accès).

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@abdn.ac.uk

La lettre de motivation est probablement la partie la plus stressante et la plus longue pour postuler. Il faut s’y prendre vraiment à l’avance pour être sûr de ne rien oublier et pour avoir le temps de se relire plusieurs fois, de demander à un prof, des amis, vos parents, frères ou sœurs de vous relire, corriger et dire ce qu’ils en pensent. Le but de la lettre de motivation est de d’expliquer pourquoi cette université vous choisirait, ce que vous avez de plus que les autres candidats, ce que vous pouvez apporter à l’université, vos passions, et expériences qui font de vous un candidat idéal pour la filière que vous demandez. Il s’agit de vous vendre sans en faire trop, en étant clair, précis, concis pour respecter la limite de mots imposée, mais enthousiaste. Il faut faire le tri entre tout ce que vous avez fait jusqu’ici, du championnat inter-écoles de natation en CM1 au Model United Nations en Terminale, réfléchissez à ce qui est intéressant pour les recruteurs, ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas (oui, moi aussi je suis fière de ma coupe d’échecs mais c’est un talent inutile).

Une fois tout ça fait, il faut attendre un ou deux mois la réponse de l’université qui décide de vous accepter, soit sans condition, soit, plus fréquent si vous êtes encore au lycée, à condition que vous obteniez certaines notes au bac. Vous devez ensuite choisir l’ordre de vos offres. C’est-à-dire que vous mettez en premier l’université dans laquelle vous voulez le plus aller, mais devez choisir une université « au cas où », qui a des conditions moins strictes, si vous n’avez pas les notes requises pour votre premier choix.

Combien de temps dure toute l’inscription ?

L’inscription en elle-même prend donc plusieurs mois, d’octobre/novembre à janvier environ. Ensuite, en février/mars, c’est la période où les universités envoient leurs réponses puis vient avril où il faut répondre à ces offres.

Et après ?

En juillet, les résultats du bac arrivés, si vous êtes chanceux, il faut commencer la procédure d’inscription. On reçoit une lettre officielle de l’université qui nous apprend notre acceptation, nous félicitant et nous souhaitant la bienvenue (vos parents admireront cette lettre et en feront 250 photocopies « au cas où, on n’est jamais trop prudent »).

Pendant l’été, il faut donc préparer votre rentrée, remplir votre inscription définitive auprès de votre université (souvent sur Internet, il vous faudra remplir tout un tas d’informations, faire une montagne de scans, faire de nouvelles photos d’identité), chercher un logement (souvent en résidence sur le campus en première année), préparer vos bagages (quoi que vous fassiez vous prendrez toujours tout un tas de trucs désuets en oubliant des trucs plutôt importants mais dont vous ne vous doutiez pas de l’utilité), scruter la page Facebook des « Freshers » (étudiants de première année), ajouter en amis tous vos futurs « flatmates », décortiquer le catalogue des cours proposés pour choisir des cours sympas, intéressants mais si possible pas trop durs parce que c’est le grand inconnu, que tous ces titres un peu intellos vous font flipper et que vous ne comprenez pas ces histoires de crédits. Vous pensez donc que le cours sur les énergies renouvelables en mer du Nord va sans doute décider du reste de votre vie, oui, même si vous partez étudier la littérature anglaise.

Et puis vient septembre, alors fébrile, vous chargez ces montagnes de choses (y compris les 250 cartouches de stylo vert que vous avez depuis le CP mais on ne sait jamais, les Britanniques utilisent sûrement beaucoup le vert, surtout à l’université) dans la voiture de vos parents et vous partez pour l’aventure.

L’arrivée, la Fresher’s Week, les joies des résidences et les premiers cours tant attendus dans le prochain épisode…

J.C.

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2 réflexions sur “Études : à l’étranger comment ça se passe ? (1)

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