La terre de glace et les pirates

Nous sommes en avril 2016. La publication des Panama Papers dévoile l’existence de plus de 20 000 sociétés offshores ainsi que les noms de leurs actionnaires à travers le monde. Chefs de gouvernements, riches propriétaires ou encore sportifs sont dénoncés. Au lendemain de ces accusations, l’Islande découvre que son Premier Ministre Sigmundur David Gunnlaugsson ainsi que deux autres membres du gouvernement sont concernés par ces révélations. C’est alors qu’elle s’enflamme…

Dès le 4 avril, une manifestation monstre se tient devant le Parlement pour protester contre le Premier Ministre et le gouvernement, mouillés jusqu’au cou dans l’affaire. Suite à cela, le Premier Ministre s’est vu remercié et remplacé le 7 avril mais le gouvernement a décidé qu’il ne démissionnerai pas, en attendant les élections législatives, avancées en automne suite à l’affaire de fraude fiscale.

La confiance est rompue entre la population et les politiques. La coalition gouvernementale actuelle (Parti de l’indépendance et Parti du progrès ) fait de plus en plus l’objet de critiques. Cependant, le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ce climat est favorable à la croissance de popularité d’un parti en particulier : le parti pirate islandais ou Píratar qui a déjà le vent en poupe depuis quelques années. 

Leur drapeau à fond violet arborant un étendard noir sur lequel on devine la silhouette d’un poisson, symbole de l’héritage marin de l’Islande, flotte depuis 2012 sur leur QG installé dans la zone industrielle de la capitale islandaise, face à la mer. Le parti a été fondé entre autre par Birgitta Jónsdóttir. Poète, ex-punk et éternelle anarchiste, cette femme politique et activiste milite pour la liberté de la presse et l’indépendance des médias avant de se lancer dans la défense des mouvements citoyens.

Le parti a un programme remplie de réformes qui promettent du changement telles que l’instauration d’une démocratie plus participative, la transparence dans la vie politique, une meilleure protection de la liberté d’expression et de la vie privée  ainsi que la dépénalisation des drogues ou encore l’instauration de la durée de travail hebdomadaire de 35 heures.

Un parti somme toute plutôt classique si ce n’est que, depuis sa création il y a 4 années de cela, il réunit 8 fois plus d’islandais. En effet, déjà lors de ses premières législatives en 2013, avec un score de 5% des voix, il avait pu obtenir 3 députés à l’Althing (parlement islandais), une première pour un parti pirate où que ce soit ! Aujourd’hui, et selon un récent sondage Gallup, il pourrait réunir plus de 40% des intentions de vote, ce qui le place en tête pour les prochaines élections en novembre.

A présent, le parti passe à l’abordage et compte bien prendre le pouvoir pour changer la donne sur cette terre glacée, épuisée par les scandales financiers et la corruption.

Léa GORIUS

 

 

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2 réflexions sur “La terre de glace et les pirates

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