« Femmes contre Daech » : un documentaire à ne pas rater

Vendredi 15 avril, LCP  a diffusé le nouveau documentaire de la journaliste Pascale Bourgaux. Elle a suivi par deux fois les combattantes kurdes de l’YPJ (Unités de Protection de la Femme), dans leur quotidien et sur le champ de bataille. Si vous n’avez pas eu l’occasion de voir Femmes contre Daech, dernière chance  le 22 avril, pour une rediffusion sur le canal 13 de la TNT, à 00h30.

« On a vu les femmes au combat et il faut bien l’avouer, elles sont plus courageuses que les hommes », un combattant syrien.

Elles ont décidé de prendre les armes, le sourire aux lèvres. Depuis que les troupes de Bachar al-Assad ont quitté le terrain, la guérilla kurde n’est plus clandestine. S’y engager est même encouragé par le parti. Les femmes volontaires sont tellement nombreuses que des Unités de Protection de la Femme ont été créés, sous le nom d’YPJ. De nombreuses photos et autres reportages de JT ont été faits sur ces amazones du Moyen-Orient. Alors Pascale Bourgaux a voulu savoir s’il ne s’agissait que d’une simple image d’Épinal, diffusée dans les médias pour affaiblir la communication de Daech.

Les combattantes kurdes prêtes pour l'entraînement - Crédit photo: Cinétévé 2015
Les combattants kurdes – Crédit photo: Cinétévé 2015

Le témoignage d’un combattant syrien est édifiant : «  on a vu les femmes au combat et il faut bien l’avouer, elles sont plus courageuses que les hommes. » En réalité, la tradition guerrière chez les femmes kurdes n’est pas nouvelle. A la chute de l’Empire Ottoman les kurdes n’ont pas obtenu de Kurdistan libre. C’est à partir de là qu’un fort sentiment nationaliste s’est développé. Alors pourquoi une telle médiatisation des amazones kurdes ?  La lutte de ces femmes est purement politique. C’est ce qu’elle représente qui affaiblit Daech. Viyan, une combattante de 25 ans, engagée depuis 6 ans, explique à la caméra pourquoi les combattantes font le youyou  avant de partir au front. « Le youyou (ndlr, cris de joie propre aux femmes) est une arme psychologique contre Daech. Les djihadistes ont peur de ne pas aller au Paradis s’ils se font tuer par une femme. »

Des combattantes redoutables qui préfèrent la mort au viol

Selon la journaliste Caroline Fourest, les combattantes kurdes sont redoutables pour les djihadistes. Si un homme se fait attraper par Daech, il ne risque « que » la mort, mais si une femme est captive de Daech elle sait pertinemment qu’elle se fera violer collectivement pendant plusieurs jours. Elles sont redoutables parce qu’elles préfèrent la mort au viol. « On nous apprend tout de suite que l’on doit garder notre dernière balle et notre dernière grenade pour nous. On préfère mourir en martyr qu’être entre les mains de Daech », explique Viyan.

« Je suis très fière de ma liberté est j’encourage d’autres filles à s’engager sur le même chemin », Viyan, combattante kurde de 25 ans.

Dans cette région désertée du Kurdistan syrien les femmes n’ont que deux perspectives d’avenir : devenir une épouse, avoir des enfants et être réduite aux tâches ménagères ou prendre les armes. La sœur de Viyan regrette de ne pas s’être engagée comme sa sœur, ce qui lui aurait permis d’éviter une perspective bien monotone comparée à l’aventure que lui proposent les unités de l’YPD. Viyan, quant à elle, rêvait d’être sniper.  Mais un morceau de plomb de 7mm de long, logé dans son bras depuis une bataille, l’en empêche. « Ce que j’aimais c’était faire peur à l’ennemi, (…) rester dans ma planque parfois plusieurs jours sans manger ».

L'ouvrage tiré de cette rencontre - Crédit photo: Fayard
L’ouvrage tiré de cette rencontre – Crédit photo: Fayard

Qu’importe, elle atteindra un grade supérieur et continuera son combat. Refuser la maternité, les histoires d’amour, dormir en uniforme pour être prête en cas d’attaque, se lever à l’aube, être entraînée comme des professionnels et accepter la mort, voilà le quotidien de ces amazones libres. « Je suis très fière de ma liberté et j’encourage d’autres filles à s’engager sur le même chemin », assure Viyan.

Les portraits sont nombreux, les rencontres riches et édifiantes. Pascale Bourgaux montre ici le rôle et l’importance des femmes dans un conflit d’ampleur internationale, lorsqu’on leur laisse prendre les armes et qu’elles y sont encouragées sans préjugés.

Claire JEANTILS

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