Emmanuel Macron, « En marche » pour 2017 ?

Le 6 avril 2016 à Amiens, le ministre de l’Économie a annoncé la création de sa propre formation politique, « En marche !». Avec cette initiative qu’il qualifie de « réfléchie », il assure ne pas se positionner contre le président de la République, François Hollande.

Un mouvement transpartisan  « libre »

C’est à l’occasion d’une rencontre citoyenne « à titre privé » à Amiens qu’Emmanuel Macron a fait part du lancement de son mouvement, appelé « En marche ! ». Un mouvement politique « pas à droite, pas à gauche » qu’il souhaite ne pas voir être « mis dans une case ». Le ministre de l’Economie, après avoir rappelé sa position dans un gouvernement de gauche, a fait part de son désir « de travailler avec des gens qui se sentent aujourd’hui à droite ».« J’ai mis du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté » a expliqué le ministre le mercredi 6 avril. Ce mouvement transpartisan et « ouvert », auquel pourrait adhérer aussi bien des sympathisants PS que LR, est souhaité comme une réponse aux « clivages devenus obsolètes » qu’Emmanuel Macron juge nécessaire de « dépasser ».

Une annonce sans surprise

L’annonce de ce projet politique, déjà connu en coulisses, n’a pas vraiment surpris. Ainsi, le 3 mars 2016, l’Obs annonçait que le ministre de l’Economie se serait préparé depuis plusieurs mois à se positionner en recours pour les présidentielles de 2017 si François Hollande venait à ne pas se représenter. Une préparation basée sur deux outils de communication, précise le journal : la publication prochaine de deux livres éminemment politiques expliquant son programme, et la création d’une formation politique « à mi-chemin du laboratoire d’idées et du parti politique ». Depuis, les rumeurs fusaient sur l’apparition prochaine de ce nouveau parti et sur le fait que ni le Premier ministre ni le président de la République n’auraient été tenus informés allaient de bon train. Des rumeurs alimentées par la révélation de confidences des membres du très réduit comité organisateur du projet parmi lesquels le bayrouiste Jean Peyrelevade et l’épouse du ministre, Brigitte Trogneux.

Macron, habitué des rencontres citoyennes

Le choix du lieu de rencontre a été mûrement réfléchi : c’est dans sa ville natale – à laquelle il attribue la naissance de son implication politique – plutôt que dans la capitale que le ministre a tenu à l’organiser. Une décision qui avait été relayé sur sa page Facebook le 1er avril,  en précisant que « comme d’habitude, ce sera l’occasion d’échanger et de débattre de manière informelle avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. » (sic). Le ministre de l’Economie n’en est effectivement pas à sa première conférence mais à sa « 4e ou 5e », a-t-il déclaré, interrogé par la presse à l’issue de la rencontre.

L’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux pour promouvoir le parti

 Mais si Emmanuel Macron devient coutumier de ces « temps de débat et d’échange extrêmement libre avec [les] concitoyens », cette rencontre tenue à Amiens avait la particularité d’être interdite aux journalistes, mais diffusée en direct sur Internet. Le ministre a, de plus, officialisé le site de sa nouvelle formation politique, qui s’est rapidement retrouvé victime de son succès et inaccessible aux internautes dans la soirée du mercredi pour cause de trop grande affluence. En parallèle, un compte Twitter du parti a également été créé, dont la biographie l’annonce destiné à « ceux qui refusent que le pays reste bloqué, ont le goût du travail, du progrès et du risque, et comme valeurs la liberté, la justice et l’Europe. ». Une arrivée du tout jeune parti sur Twitter qui n’est pas passée inaperçue, avec le hashtag #enmarche passé en TT France (ndlr : Trending Topics) en début de soirée. Enfin, une page Facebook est ouverte depuis mercredi.

en marche
Le premier tweet d’@enmarchefr

Sa priorité : « la situation du pays » plutôt que les présidentielles de 2017

Si le lancement du mouvement « En marche ! » semble donc avoir été calculé et préparé avec minutie, la question d’une possible ambition présidentielle dès 2017 du ministre de l’Economie reste débattue. Si d’aucuns lui prêtent un désir de candidature pour 2017, renforcé par la création de son parti, Emmanuel Macron soutenait quelques semaines plus tôt dans les studios d’Europe 1, le 16 mars 2016, que « François Hollande est le candidat légitime » pour 2017. Il accusait également une « conspiration » menée à son encontre. Un point de vue réaffirmé dans la rencontre citoyenne organisée dans la capitale de la Picardie : « Ce n’est pas un mouvement pour avoir un énième candidat de plus à la présidentielle, ce n’est pas ma priorité aujourd’hui. Ma priorité c’est la situation du pays ».

Axelle BOUSCHON

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10 réflexions sur “Emmanuel Macron, « En marche » pour 2017 ?

      1. Jean-Luc Mélenchon lance son parti et tout de suite derrière les autres suivent :))
        Je pense que ça veut dire beaucoup…..

        J'aime

  1. Très étonné que parmi tous les articles que j’ai pu lire pour me tenir au courant de ce parti, celui trouvé sur ce blog « féminin » soit le plus complet et le mieux écrit!
    comme quoi les clichés ne se vérifient pas toujours…bravo

    Aimé par 3 people

    1. N’hésitez pas à revenir nous lire, nous sommes un webzine d’apprentis journalistes et nous traitons autant de sujets considérés comme féminins que de sujets d’actualité, de société et de culture, et nous serions ravis de vous aider à décrypter l’actualité 🙂
      Merci beaucoup pour votre commentaire !

      J'aime

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