Portrait d’André Courrèges : un couturier novateur et révolutionnaire

Après s’être battu pendant plus de dix ans contre la maladie de Parkinson, André Courrèges s’est éteint le 7 janvier 2016 à l’âge de 92 ans. Ce grand couturier français a marqué profondément le monde de la mode en y apportant cette touche de modernité qui a révolutionné la mode féminine des années 1960. 

portrait andrécourrèges
Crédit : Flickr

« À l’instar de Le Corbusier, qui a fait pénétrer la lumière dans les maisons qu’il concevait, j’ai voulu faire entrer la lumière dans mes vêtements ». C’est avec ses propres mots que André Courrèges définissait le mieux l’esprit de sa maison de couture.

 

Né à Pau en 1923, ingénieur, diplômé des Ponts et Chaussées, ce passionné d’architecture monte à Paris pour y côtoyer les grands noms de la couture. Son travail pour le couturier espagnol, Cristobal Balenciaga, lui permet de faire ses premiers pas dans la haute-couture.

En 1961, il ouvre sa propre maison de couture, Courrèges. Il épure les lignes, met le blanc au cœur de ses collections. Il adopte des lignes futuristes, géométriques, et mélange les matières. Présenté comme le père de la minijupe, symbole des sixties, il lui donne ses lettres de noblesse au sein de la haute-couture française. Ses vêtements veulent s’adapter à l’évolution des femmes, notamment avec la prééminence du pantalon, des robes chasubles et des chaussures plates. André Courrèges conçoit ses vêtements en se basant sur l’époque, sur l’humain, les rendant plus pratiques aux nouvelles activités des femmes : il veut libérer le corps de la femme. C’est en se basant sur cette idée, qu’il présente en 1968, sa ligne de prêt-à-porter, Couture Future. Une ligne produite en série et donc cinq fois moins chère. Il renouvelle également les défilés, qu’il juge trop conventionnels. Il y introduit alors de la musique et des mannequins heureux.

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Crédit : Bill Ray, 1968

À la fois critiqué par Coco Chanel et admiré par Yves Saint-Laurent, André Courrèges révolutionne la mode. Touche-à-tout, il élargit ses domaines de compétence, allant du parfum aux planches à voile. Passionné aussi de sport, André Courrèges réalise les vêtements officiels des Jeux Olympiques de Munich de 1972, portés par près de 20 000 personnes. Les points de vente se multiplient dès 1966, mais la crise des années 1970 l’oblige à vendre l’entreprise à une société japonaise. Rachetée en 1994, la société est à nouveau aux mains d’André et de son épouse Coqueline Courrèges. En 1995, il décide de se retirer et laisse sa femme aux commandes pour revenir à ses premiers amours : l’architecture et la sculpture.

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Défilé Courrèges de la nouvelle collection printemps-été 2016 en octobre 2015  Crédit : Vogue

En 2011, la société est vendue à Jacques Bungert et à Frédéric Torloting. Depuis septembre 2015, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant sont à la tête de la direction artistique de la marque. Ce dernier duo a présenté en octobre dernier la nouvelle collection printemps-été 2016 de Courrèges. Une collection qui, avec la présence des minijupes trapèzes, reste fidèle aux idées de son fondateur.

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Catherine Deneuve habillée en Courrèges en 1965 Crédit : Getty Images

Après avoir conquis Jackie Kennedy, Catherine Deneuve ou encore Françoise Hardy, l’esprit Courrèges ne s’est pas éteint avec son créateur. Il a inspiré et inspire encore aujourd’hui bon nombre de couturiers, de Prada à Louis Vuitton.

 

Laurine LASSALLE

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